"Allez les mages !" de Terry Pratchett

Ne jamais oublier de lire les petites lettres… mais comme cela arrive même aux mages qui sont censés être particulièrement attentifs, découvrir qu’un legs dont ils disposent pourrait revenir à la famille du défunt si leur équipe de fouteballe ne jouait plus, est rien moins qu’une catastrophe. Des revenus conséquents en moins, c’est une réduction drastique des soupers et, pire que tout, des plateaux de fromages.
Seulement, le fouteballe, c’est une grande échauffourée populaire dans laquelle, même si l’on fait une large consommation de tourtes, on se tabasse aussi consciencieusement entre quartiers rivaux. C’est dire à quel point Vétérini y est opposé.
Mais, après tout, comment une université pourrait-elle manquer de chance lorsqu’elle dispose d’un professeur Rincevent ? Aussi, alors que le malheureux archichancelier, la mort dans l’âme s’apprête à déposer sa requête auprès du tyran, a-t-il la surprise de découvrir celui-ci tout à fait favorable à ce projet. À condition, naturellement, de jouer selon les règles traditionnelles. En clair, pas de magie et pas de baston.
Qui pourrait douter qu’un hasard facétieux vient de remettre au jour une urne quasiment sacrée à la gloire de ce jeu dans les sous-sols poussiéreux du musée ? Reste à former une équipe. Or, par un de ces coups du sort qui sont le propre des histoires réussies, l’Université Invisible, bien qu’elle l’ignore, dispose d’un joueur de génie employé à couler des chandelles. Elle abrite aussi un certain M. Daingue, suppléant à ces fonctions, puisque le jeune Trévor Probable, si exceptionnel qu’ait été son fouteballeur de père, serait plutôt de la graine de paresseux. De plus, il a promis à sa vieille mère décédée de ne jamais jouer.
Dans un tout autre ordre d’idées, il se trouve que la cuisine de nuit, elle, est régentée par Glenda, une cuisinière d’exception réussissant de merveilleuses tourtes et dotée d’un solide bon sens, ce qui ne gâte rien. On ne la baptisera pourtant pas la reine des tourtes parce que le titre est mieux porté par Juliette, sa jeune protégée, grande amatrice de magazines de mode et qui va se révéler un mannequin hors-classe.
L’histoire va donc se nouer entre ces quatre personnages largement entourés par toutes les figures traditionnellement connues d’Ank-Morpock.
L’intrigue n’est sans doute pas exceptionnelle, elle l’est rarement chez l’auteur mais ce n’est pas non plus ce qu’on lui demande et, sous l’amusement de la lecture, affleurent toujours des questions sous-jacentes infiniment plus sérieuses qu’il n’y paraît. Ce n’est donc pas le meilleur des romans du Disque-monde, mais si, comme moi, vous appréciez particulièrement ce monde et cet auteur, ce sera une lecture assez plaisante même si c’est sans plus.

— Hélène

Éditions L’Atalante
526 pages – 21 €
ISBN : 978-2-84172-521-2

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