« Bienvenue en Otopia – Lila Black I » de Justina Robson

9782811203481J’avais d’abord été freinée par le titre, un tantinet ridicule, mais des messages sur des forums ou sur FaceBook m’ont laissé penser que c’était lisible et, du coup, je me suis laissée tenter.

Dans un futur proche, une bombe quantique a ouvert des passages entre notre bonne vieille Terre et les mondes des Elfes, des Démons, des Faes… La Terre, d’ailleurs, a été rebaptisée Otopia (!!!) au passage.
Lila Black est le fruit d’une expérience : mortellement blessée, une organisation secrète lui a proposé d’être transformée en cyborg/machine de guerre. Sa première mission, qui constitue la trame du roman, est de protéger/sauver un Elfe, Zal, devenu une rock star chez nous, attitude scandaleuse pour les siens.
Lila va donc suivre Zal dans sa tournée jusqu’à ce qu’il soit enlevé et ramené chez les Elfes d’où elle devra le sauver. Mais la pauvre petite, super forte/armée et aidée en permanence d’une IA pour réfléchir (!), complexe sur son corps plein de bouts de métal. Heureusement, le bel Elfe va tomber amoureux d’elle…

Hum…
Alors il y a des bonnes choses : la présence de créatures magiques dans notre futur proche (Shadowrun ?), des personnages ambigus (on ne sait pas trop si les Elfes rencontrés sont des gentils ou des méchants), des détails originaux comme ce nécromant tué qui se réfugie, pour survivre, dans le corps de Lila et va l’accompagner le reste de l’aventure… mais l’écriture n’est pas de bonne facture : alors que les pages devraient se tourner d’elles-mêmes, au rythme de l’action, les maladresses écorchent le regard. (Et l’usage du terme glamour pour désigner le charisme elfique ?)
De plus, le propos est relativement confus : l’auteure a des idées, certainement, mais on sent bien qu’elle ne sait pas trop où elle va. Quant à l’éditeur, il aurait pu aisément repasser une couche de corrections sans qu’on le regrette.

Du coup, l’impression laissée est mitigée : malgré ses défauts, l’histoire va-t-elle prendre puisque, a priori, elle se déroule sur plusieurs tomes ?
Nous voilà aux derniers chapitres, c’est le moment de raccrocher les wagons et de nous convaincre de revenir en deuxième saison. Et, là, scène de cul. Pourquoi ? Pour remplir un quota ? Pour nous faire oublier la confusion perceptible jusqu’alors en nous exposant le catalogue des pratiques sexuelles de l’héroïne ? Fumble.

En refermant ce livre, je sais que je ne lirai pas la suite, que les quelques bonnes idées n’ont pas compensé les défauts pour me donner envie de savoir ce que vont devenir Lila et Zal.
Non pas que ce roman soit tout à fait mauvais, mais il ne convainc simplement pas.

PS : La traductrice a eu la bonne idée d’annoter les nombreuses citations qui émaillent la narration et c’est plutôt sympa.

Milady
Traduit par Sara Doke
ISBN : 978-2-8112-0348-1
459 pages – 8 €

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