« Du Crépuscule à minuit – Ghost stories I »

couverture-26164-collectif-ghost-stories-1Les histoires de fantômes ne sont pas les plus courues du fantastique en ce moment. La mode, bit-lit oblige, est plutôt orientée vers le vampire et le loup-garou. Pourtant, les Ghost Stories, pour reprendre le titre de ce gros recueil des éditions Asgard, sont sans doute nées avant le fantastique littéraire, dans les contes de nos aïeux.
Ghost Stories I, plutôt que de republier une énième fois des classiques, choisit de confier la thématique à des auteurs francophones bien actuels. Et le résultat s’avère intéressant, et même souvent bon.
Pour une révision des classiques, autant se reporter au volume consacré de la Grande Anthologie du Fantastique ou encore au Petit Musée des Horreurs, pour des textes « d’époque » mais moins connus.
Du fantastique, de la S.F et même un peu de fantasy (super idée que celle de mélanger les genres) sont au programme de cette anthologie dirigée par Peggy Van Peteghem et Thomas Riquet.
Excellente idée aussi de parsemer le recueil de micro-nouvelles du spécialiste Jacques Fuentealba, auteur d’un sympathique Scribuscules paru à la Clef d’Argent. Ça change un peu des dix-sept textes parfois très longs proposés ici.
Des textes dont nous retenons plus particulièrement les émouvants Trois des Jachères de Vincent Mondiot et Simbad de Lionel Davoust (superbe et original, sur le thème de l’âme des objets). Mais aussi : Le Baiser de la lune de Céline Guillaume, passionnée on le sait par le thème, et L’Heure des livres de Claude Bolduc, saisissant portrait d’un collectionneur de S.F dans lequel nombre de fans se reconnaîtront sans mal.
Terreur Nocturne de Julien d’Hem, très influencée par le cinéma d’horreur, et Dans le brouillard, signée Guillaume Appy et Florian Deconinck, font peur avec une belle efficacité.
Les autres nouvelles, parfois écrites par des gens du calibre de Gudule, Jess Kaan ou Christian Vilà, sont toujours bien écrites et conçues, mais elles m’ont très clairement moins touché. Mis à part La Nuit, toutes les dames sont blanches d’Élodie Meste, une vraie réussite :
« Je m’arrêtai net, tétanisée. Une silhouette baignée de ténèbres me faisait face. Même si je ne la voyais pas distinctement, je pouvais la percevoir, massive, m’écrasant de sa noirceur plus profonde qu’une nuit de cauchemar. Il émanait d’elle une aura de malignité qui me donna aussitôt la chair de poule. Elle ne bougeait pas, mais je savais d’instinct que cela ne durerait pas… » (Terreur Nocturne, P. 256)

Éditions Asgard
19 €
ISBN : 978-2-919140-10-7

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