Fantasy 2005, la revue des éditions Bragelonne

Nous voici devant un recueil de Bragelonne présentant ses auteurs, et sa vision de la fantasy.

Pour commencer, Stéphane Marsan nous relate les cinq dernières années de travail et ses choix éditoriaux essentiels. On y découvre le cheminement de la maison d’édition et d’intéressantes informations autour de la littérature imaginaire du monde éditorial d’aujourd’hui.
Débute alors la revue à proprement parler, regroupant un ensemble de nouvelles et quelques interviews, d’auteurs publiés chez Bragelonne :
« Le messager » de R. E. Feist offre une excellente introduction à l’un des auteurs les plus renommés de la maison en nous replongeant au temps de la Guerre de la Faille et de Magicien, à travers le parcours personnel d’un jeune messager qui, au cours d’une mission, va devenir adulte.
« Le défilé » de S. Clark est une de mes nouvelles préférées de la revue. Elle m’a séduite par sa rapidité et sa chute, laissant jouer l’imagination dans le contexte extrêmement noir de la scène qui se joue sous nos yeux. Elle met en avant l’auteur, qui a également écrit un roman de terreur « La rançon des ténèbres », et dévoile ici un style qui joue beaucoup plus sur les émotions et l’imagination du lecteur que sur les descriptions d’horreur. Vous êtes prévenus, cette nouvelle a tendance à faire travailler les méninges, bien longtemps après avoir refermé le livre.
« Honey Moon » de F. Colin relate le harcèlement de l’auteur imaginaire d' »À vos souhaits » à la suite du succès massif de son roman dans son univers. Cette nouvelle sympathique présente une petite critique des lecteurs qui poussent leurs auteurs favoris à écrire la suite de leur roman.
L’interview de J. Lovegrove, auteur du remarqué « Days » nous offre ensuite une petite pause retraçant le cheminement littéraire et le travail de l’écrivain. L’entretien humanise l’auteur et met en avant certains points de ses romans, ainsi que son côté critique envers la société.
« Tapisserie » d’Ange nous ramène dans le domaine de l’imaginaire à travers la vie d’Alexandre, marqué à jamais par la vision d’une licorne à l’âge de quatre ans. Ce texte sort de la fantasy pure pour se situer dans le monde contemporain. Tout au long de la nouvelle, je suis restée fascinée par cet homme si étrange, présenté comme fou, qui nous rappelle que tous les rêves d’enfant ne valent pas toujours mieux d’être réalisés.
« La Relève » de S. Nicholls nous ramène dans le cycle des Orcs. Si je ne le connais pas, elle offre une idée du cycle qui ne me séduit pas vraiment, mais pourrait plaire aux amateurs d’action : l’histoire de la recherche du cadavre de l’un des plus grands généraux orcs.
« Notre-Dame-aux-Écailles » de M. Fazi nous ressort de cette fantasy pure pour nous plonger dans un récit fantastique autour d’un pacte entre une statue et une femme malade. Cette nouvelle, très délicate, met à nouveau en avant le talent de l’écrivain à travers une histoire très étrange, et dure, mais où la brutalité de la maladie est atténuée par la transformation de l’héroïne.
« Tueur d’Hommes » de S. R. Green nous présente l’affrontement entre un ancien esclave et un monstre venu d’un autre temps, qui n’existe que pour tuer. L’idée du monstre fait frissonner et la nouvelle est agréable à lire, à travers des personnages hauts en couleur, donnant envie de découvrir les autres romans de l’auteur.
« L’homme qui dessinait les chats » de M. M. Smith est un texte bluffant autour du dessin et de l’humanité. C’est mon préféré, vous le découvrirez donc par vous-même avant un
nouvel interlude :
« Quelques informations relatives à l’envoi d’un manuscrit » de J-C. Dunyach, qui résume en quelques pages la mise en page conseillée pour l’envoi de manuscrits chez les éditeurs, sans se restreindre à Bragelonne.
« Le trésor de Taan » d’E. Wietzel offre une quête au trésor sur un ton assez comique.
« Les doigts de fées » d’A. Roberts, invite par contre à la réflexion, avec une vision cinglante de l’esclavage à travers celui des géants et des êtres minuscules de féerie dans un monde imaginaire.
« Devine quel dieu vient dîner ce soir… » de Tom Holt nous fait découvrir l’humour très particulier de l’auteur, à travers l’histoire du squattage d’un dieu chez un pauvre écrivain de fantasy celtique qui a simplement eu le malheur de l’invoquer dans son roman. En tout cas, cette nouvelle est une superbe mise en bouche pour les curieux de fantasy burlesque.
Pour clôturer le tout, on découvre un entretien avec Henri Lœvenbruck et une nouvelle inédite autour de l’univers de Gallica, offrant une touche de fraîcheur et de douceur que l’on retrouve dans chacune de ses œuvres.
Pour terminer enfin, cette revue offre un panel vaste de la littérature imaginaire à travers les auteurs de la revue Bragelonne et elle plaira aux amateurs de ses ouvrages. Personnellement, j’ai sans doute préféré les nouvelles de fantastique à celles de fantasy, qui offrent un point de vue différent et une rupture face à la fantasy conventionnelle. Finalement, le fait qu’elle reste annuelle me rassure face à son prix, qui aura tendance à rebuter les curieux, et attirer davantage les amateurs, à mon sens.

— Aphraël

17 €

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