« Farlander II – Le Cœur du monde II » de Col Buchanan

farlanderIICe n’est pas sans quelque appréhension que j’ai abordé ce deuxième tome, considérant que, finalement, le premier était fini « en soi ». L’étirement artificiel de nombre de romans a plutôt tendance à me rebuter. Ce n’a pas été le cas et j’ai pris grand plaisir à ma lecture. Il s’agit certes d’un monde extrêmement violent – âmes sensibles s’abstenir – mais, aussi, terriblement humain. Quant au soupçon de magie que l’on y trouve, il est bien mince.
Quitte à se mette en retrait du monde des roshûns, Ash, le vieil assassin qui n’a plus rien à perdre, a décidé de jouer sa vie sur sa vengeance personnelle. Quoiqu’il arrive, il lui faudra tuer la Matriarche de l’empire de Mann. Mais la Matriarche elle-même, faute de nom précis à mettre sur l’assassin de son fils, a besoin de le venger, et sa propre quête se confond avec l’invasion de la cité de Bar-Khos qui résiste toujours.
Par ailleurs, Ash n’est pas le seul qui pourrait attenter à la vie de la Matriarche car Ché, le jeune roshûn renégat au service de l’empire, a reçu un ordre de ses maîtres inconnus. Si la Matriarche, partie à la tête de son armée, devait se montrer faible, voire vaincue, elle ne devrait pas revenir vivante.
On assiste donc là, tout à la fois aux intrigues d’une cour gangrenée par le pouvoir, ce qui est sans doute un pléonasme, et au double parcours des deux assassins, tous deux formés à la fine fleur de leur art. Il leur serait donc difficile, avec le même objectif, de ne pas se croiser.
Parallèlement, on suit le déroulement de l’offensive de l’empire et les difficultés auxquelles se heurte le général Creed pour défendre Khos contre une armée supérieure en nombre alors même qu’il est freiné par un Conseil pusillanime. Les Michinès sont connus pour leur politique de l’autruche.
La guerre en tableau de fond, donc. Celle où l’on patauge dans la boue et le sang et où les actes les plus héroïques dépendent davantage du hasard que de la stratégie. Et, dans toute cette horreur, des individus attachants déjà croisés dans le premier tome. Des affections improbables qui se nouent, peut-être parce qu’il n’y a pas d’espoir.
Peut-être ce qui caractérise le mieux le personnage d’Ash. Vieux, ce qui est certes rare pour un assassin ; malade, ce qui est moins rare pour un vieil homme, mais toujours capable de se battre et de survivre, non parce qu’il a de l’espoir justement, mais parce qu’il « ne sait pas faire autrement ».
Une histoire prenante donc, qui favorise l’approfondissement des personnages à une inflation de têtes nouvelles. J’attendrai donc sans appréhension le troisième tome, puisqu’il semble que ce soit le cas, encore que ce tome aussi puisse se suffire à lui-même. Le propre d’un bon livre ?

Éditions Bragelonne
474 pages – 24 €
ISBN : 978-2-35294-551-2

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