« GiG » de James Lovegrove

gigMik est un chanteur. Kim est une fan. Deux personnages, deux histoires qui se croisent. Et donc, deux novellas réunies chacune d’un côté d’un même livre, sans que rien n’indique de sens préférentiel de lecture.
Mik Dyer, donc, est un chanteur. Mieux que ça : c’est le leader d’un groupe, chanteur, guitariste, auteur et compositeur. Son groupe God Dog est, au long de cinq albums, devenu culte. À la fin de la tournée mondiale liée à la sortie de leur nouvel album, God Dog revient dans la ville de ses origines, Rotor City, Angleterre.
Kim Reid est la plus ardentes des fans de Mik. Elle s’habille comme lui, se coiffe comme lui. Elle est prête à tout pour s’approcher de son idole, justement à Rotor City qu’elle n’a jamais quitté.
Pour Mik, c’est un retour aux sources au goût doux-amer, qu’il entreprend dans un but bien précis. Pour Kim, c’est une épiphanie et une descente aux enfers en même temps. Car elle a une mission.
Voilà pour le fond. Pour la forme, Lovegrove s’est beaucoup amusé avec Mik/Kim. Un peu à la manière d’un George Perec (la référence est assumée), il a truffé ses novellas de jeux de mots, palindromes et anacycliques. En pratique, cela signifie qu’un grand nombre de lieux, noms, personnages, même les titres de chapitres peuvent être lus dans les deux sens et se répondent. Ainsi Rotor City, Elliville, les jumeaux Noël et Leon Hannah, le Dr. Awkward, etc. Même Mik et Kim, qui sont, à un Y près, l’opposé l’un de l’autre.
La plume de Lovegrove est plaisante, le sujet est intéressant, et la façon dont les novellas se répondent l’une l’autre est vraiment sympathique. Kim est dans l’action alors que Mik est plus descriptif, contemplatif : j’ai lu Mik en premier, mais je conseillerais plutôt de commencer par Kim. Ceci étant, ce n’est pas bien important, c’est suffisamment bien fait pour que les deux sens de lecture soient gratifiants.
En revanche, les jeux de mots ont tendance à parasiter la lecture pour pas grand’chose. On a parfois de pleines pages pour mener à une liste de palindromes qui tombent là comme autant de cheveux sur la soupe. C’est lassant et assez pénible à la longue, surtout quand on se rend compte que des éléments de background ne sont pas là pour donner de la texture mais uniquement pour permettre à l’auteur de placer un jeu de mots.
En ce qui me concerne, un bilan en demi-teinte, donc. Dommage, parce que la présentation, la maquette intérieure, ou encore la traduction sont de très bonne qualité.

Éditions Griffe d’Encre
364 pages – 20 €
ISBN : 978-2-917718-10-0

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