« Gigante – Au Nom du fils » d’Alain Grousset

Au nom du filsLorsque Koeb Merticant, jeune archéologue, débarque enfin sur Gigante après un voyage qui a duré quarante ans, il n’est pas au bout de ses surprises.
Ce n’est ni tellement l’étrangeté de cette immense planète, ni le nouveau corps dans lequel il se retrouve, identique à celui de son départ puisque pour les voyageurs modestes, seule la tête est cryogénisée. Qu’importe tout cela quand on va enfin pouvoir effectuer des recherches sur ces géants mythiques qui auraient vécu là il y a quelques siècles.
Seulement, il est trop tard. Parce que, désormais, l’évolution des techniques a permis de réduire à deux ans la distance entre les deux planètes, Primeterre et Gigante.
Mais il y a pire, il est attendu, et avec tapis rouge encore ! Comme le père du « sauveur ». Un fils dont il ignorait même l’existence au moment de son départ et qui, non content de lui souffler la quête de sa vie, a sauvé ce monde nouveau d’une catastrophe électrique telle que ses milliards d’habitants lui doivent la vie.
Bref, pas évident de se retrouver père d’un dieu. Surtout d’un dieu qui s’est retiré du monde et que ses fidèles vous supplient, assez fermement il faut bien l’avouer, de partir à sa recherche.
Pas évident non plus de se retrouver en prime grand-père d’un petit-fils, Drek, qui n’a pas non plus connu son si célèbre père, et est bien décidé à partir avec vous.
C’est donc tiraillé entre ses précieux géants et ce fils inconnu, Zaslo, que Koeb Merticant va partir à l’aventure. Un roman-jeunesse plein de qualités qui aurait donc pu être très plaisant mais…
Mais ce roman forme un diptyque avec celui d’Au Nom du père de Pierre Bordage.
L’idée en soi était intéressante – deux auteurs très différents pour deux personnages complémentaires, père et fils – elle s’avère au final bien décevante. Certes, il n’y a pas d’ordre de lecture imposé mais à moins de vouloir connaître par avance Au Nom du père mieux vaut le lire en premier. Ce n’aurait pas été handicapant si le propos avait été équilibré. Toutefois, en présentant des personnages beaucoup plus fouillés et une quête qui ne l’est pas moins, Au nom du père ne joue pas dans la même catégorie qu’Au Nom du fils, courte aventure pour la jeunesse sans prétentions, qui pâtit forcément de ce voisinage. C’est de façon très imméritée.

Éditions L’Atalante
190 pages – 10,50 €
ISBN : 978-2-84172-649-3

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