« La Couronne des esclaves I et II » de David Weber et Éric Flint

ce1Comme il l’avait annoncé, l’auteur, qui ne pouvait se résoudre à supprimer Honor Harrington, personnage central de son impressionnante saga, s’est attaché à ses protagonistes secondaires. Ainsi, retrouve-t-on dans La Couronne des esclaves ses espions « préférés », Anton Zilwicki et Victor Cachat.
Pour autant, il s’agit d’une aventure à replacer chronologiquement avant L’ombre de Saganami mais qui, étant « finie », ne nécessite pas impérativement la lecture de toute la série.
Par ailleurs, et c’est sans doute à porter au crédit d’Éric Flint qui en est co-auteur, il y a là une certaine légèreté agréablement inattendue. Les combats restent assurément de vrais combats et les stratégies extrêmement complexes, pour ne pas dire tordues, auxquels l’auteur nous a habitués. Cependant, on y prend le temps de se poser, de développer une psychologie des personnages qui permet de s’y attacher davantage qu’à des héros surdoués et très prévisibles.
Élisabeth, souveraine de l’empire stellaire de Manticore, se trouve dans une situation délicate. Elle ne peut se rendre aux obsèques de Stein, qui dirigeait l’association anti-esclavagiste Renaissance, sans risquer un incident diplomatique. Elle a donc décidé d’y envoyer Ruth Winton, sa nièce.ce2
Or, la jeune fille se destine à devenir espion, contrairement à qu’on pouvait attendre de son rang. Anton Zilwicki est donc le plus parfait des accompagnateurs que l’on pourrait lui trouver, à la fois pour la protéger et pour l’enseigner. Évidement, celui-ci n’apprécie pas outre mesure que, pour assurer la sécurité de Ruth, on l’invite à voyager aussi avec sa propre fille, Berry, l’apparence des deux apprenties espionnes étant modifiée pour que la seconde puisse jouer le rôle de la première. Mais Berry, elle, est non moins enthousiaste que Ruth, et l’amitié et la complicité vont suivre.
Seulement, à l’occasion de ce deuil presque national, ce sont toutes les puissances galactiques qui sont réunies ou représentées en Erewhon. Donc d’infinis complots dont l’un a pour résultat d’éloigner Zilwicki sur une piste intéressante à seule fin d’enlever la princesse Ruth.
Mais, en s’alliant à des fanatiques, Manpower et les mesans, ont pris bien des risques. Par ailleurs, vraie et fausse princesses vont se trouver un allié inattendu en la personne de Victor Cachat qui voit dans leur sauvegarde l’occasion de détourner Erewhon d’un rapprochement avec Manticore au profit de la république de Havre. Sans compter les dommages qu’il pourrait infliger à Mesa.
Puis ce sont les Solariens qui vont s’en mêler…
Et le résultat sera vraiment tout, sauf ce que l’on pouvait raisonnablement attendre.
Bref, on assiste là à une histoire dans l’histoire, tout aussi complexe que le reste de la série sur le fond mais qui, limitée dans le nombre des personnages et s’attachant donc plus à chacun des caractères, présente une fluidité de lecture très agréable.

Éditions L’Atalante
Deux tomes de 350 pages – 19 €
ISBN : 978-2-84172-571-7 et 978-2-84172-572-4

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