"La grotte de cristal – Le cycle de Merlin Tome I" de Mary Stewart

Encore Merlin, direz-vous… mais quand Mary Stewart touche à la matière de Bretagne, c’est sa propre magie qu’elle lui insuffle.
C’est pourquoi, si le vieil homme qui rêvasse devant le feu s’en souvient, ni le jeune prince qui s’exile après un dernier adieu à celle qu’il aime, ni le jeune Merlin n’en savent rien encore quand commence le conte. Et, assurément, ce n’est pas celui un enfant heureux : il est difficile d’être un bâtard dans la maison d’un très fier seigneur, surtout quand sa mère est plus fière encore. Mais peut-être le retour de son bel oncle Camlach pourra-t-il adoucir sa vie ? Est-ce bien sûr ?
Et Merlin va grandir, moqué par ses camarades ou protégé par des domestiques jusqu’à rencontrer Galadas. Un ermite ? Un magicien ? L’un et l’autre peut-être mais, avec lui, il va apprendre et comprendre, jusqu’à obtenir de son grand-père qu’il l’emmène dans son voyage auprès du grand roi, Vortigern.
Le voyage ne sera pas de tout repos, surtout pour Cerdic, l’esclave saxon chargé tout à la fois de le surveiller et de le protéger, mais Cerdic est son ami, c’est le plus important. Ce sera par lui pourtant que l’enfance basculera dans l’âge adulte et Merlin, Myrrdin Emrys, n’aura d’autre choix que de fuir en Bretagne où l’armée d’Ambrosius se prépare à la guerre contre son peuple.
Mary Steward campe l’histoire, justement, avec un sens très sûr de l’Histoire. Loin de sa mise en parallèle avec M. Z. Bradley, elle s’en démarque bien au contraire avec bonheur. Il n’y a ici ni grandiose, ni donjons… ou à peine, ni dragons… ou si peu, pas de magie spectaculaire mais de la vraie magie, peut-être, celle qui tient à des riens, un rêve, une prémonition, le vol d’un oiseau… Il y a dans cette écriture une marge de rêve qui donne une réalité particulière aux situations, aux personnages. Rien de mièvre non plus ; par certains côtés, on pourrait d’ailleurs évoquer Cornwell… une réelle profondeur qui, là aussi, rend les êtres profondément attachants, même les moins honorables, parce que tous sont terriblement humains.
Peut-être aurez-vous lu jusqu’à plus soif la vie de Merlin ; jusqu’à en connaître les moindres détails. Le personnage est assez célèbre pour que sa vie, toutes celles qu’on lui a fait vivre, ne présentent vraiment plus rien d’original… Eh bien, ce livre ne vous apprendra vraiment rien de plus, mais ce sera la première fois que vous rencontrerez vraiment Merlin et, lorsqu’on l’a rencontré, je doute qu’on puisse jamais l’oublier. Il est vrai qu’il est le fils de son père…
Mary Stewart est relativement peu connue en France, c’est dommage…
Si le retour en grâce de la fantasy a entraîné une quantité de romans qui n’a pas toujours été suivie de qualité, les éditions Calmann-Lévy, avec la parution de ce nouvel ouvrage dans sa toute récente collection de « Fantasy », nous laissent vraiment beaucoup espérer…

— Hélène

%d blogueurs aiment cette page :