"La loi du désert" de Franck Ferric

Salina, une des villes-états qui dresse ses ruines aux portes d’un désert sans fin. Il y reste les souvenirs d’une civilisation qui s’est effondrée sur elle-même à l’issue de guerres dont nous ne saurons rien.
Mais, ici et maintenant, le monde a-t-il vraiment changé ? Du haut de la tour du Capitole, la plus préservée, les gouvernants règnent sur une cité abritant d’immenses bidonvilles dont les pauvres gens sont embrigadés par des syndicats qui paraissent davantage se soucier de prendre le pouvoir que de les défendre. Est-ce tout à fait vrai ? Ou non ? Mais le jeune Raul, lui, y croit et va se laisser emporter par de belles paroles pour mettre le feu à l’imprimerie.
De ceux qui étaient à ses côtés, certains perdront la vie. Pas le meneur pourtant dont on ne saura pas non plus le rôle exact. Raul, lui, encourra l’exil, un sort sans doute pire que ceux condamnés à mort puisqu’il n’est pas d’échappatoire au désert. Ainsi, pendant que son frère, Matthian, se bat avec les soldats de l’armée contre les étranges blafards et rêve de son retour à Salina auprès de sa mère, de sa sœur et de lui, Raul est-il conduit vers le désert.
Mais, en apprenant cette condamnation, Matthian pourrait-il abandonner ce jeune frère impulsif ? Non. Il lui faut tenter quelque chose et peut être Blaine, le vieux mécanicien, pourra-t-il lui venir en aide s’il lui présente une raison valable. Mais alors même qu’il passe du rôle de soldat héroïque à déserteur, il ne trouvera pas Raul à son retour et lui-même commettra l’irréparable.
Dès lors, nous allons suivre en parallèle le chemin des deux frères à travers le désert. Il s’agit là du véritable désert, celui qui vous dépouille de tout et vous blanchit jusqu’à l’os. C’est à la fois un chemin très dur et, en réalité, une quête initiatique que suivent les personnages. Ils y trouveront à la fois de l’aide et des épreuves qui ne seront pas celles qu’ils attendaient. Un livre où l’amitié et l’entraide – qu’importe si elle sont intéressées d’une façon ou d’une autre – prennent leur vraie place, celle sans qui aucune vie ne serait possible.
Beaucoup de questions resteront sans réponses. Sur la nature réelle des blafards, entre autres.
Franc Ferric écrit bien ; je le souligne d’autant que ce n’est pas un genre vers lequel me portent spontanément mes lectures. Il livre là une image très forte dont l’illustration de couverture est un parfait écho. Ici, point de mièvrerie, une mise à nu totale de l’homme dans toute sa dignité et dans toutes ses faiblesses.
C’est tout à l’honneur de l’auteur et à celui de son éditeur qui sort là son premier ouvrage.

— Hélène

Éditions du Riez
286 pages – 19,90 €
ISBN 978-2-918719-00-7

%d blogueurs aiment cette page :