"La Peinture de sang – La ronce d’or II" de J.V. Jones

L’amour de l’argent est rarement assorti de celui de l’honneur et il ne sera donc pas difficile aux redoutables émissaires du roi du Garizon de découvrir où s’est réfugiée Tessa. Pourtant, lorsque ses sbires arriveront à la maison d’Emith, la jeune fille, ayant suivi les conseils de celui-ci, n’y sera plus.
C’est qu’en dépit de tout son talent, il lui faut encore apprendre les arcanes de l’enluminure auprès d’un maître et elle s’est embarquée pleine d’espoir vers l’Île Ointe pour rejoindre le frère Avaccus. Avec Ravis de Burano qui l’accompagne, elle se sent d’autant plus protégée que le jeune homme se laisse aller à quelques confidences sur son passé et sa rupture avec son frère.
Hélas, sur le quai où ils vont débarquer, Ravis est attendu par une ancienne maîtresse d’une grande beauté, Violente d’Arrazo. Celle-ci sauve la mise à Ravis lors de l’attaque de l’auberge où ils se sont arrêtés, mais Tessa, jalouse et blessée, en a profité pour s’enfuir.
Une aubergiste d’un fort caractère, ma’ame Wicks, qui désire se rendre à Port-Glas, va l’accepter comme compagne de voyage, même si l’urgence conduit Tessa à rester seule pour arriver au monastère à la tombée de la nuit. Avaccus est mort lui assure le père abbé mais, dans la nuit, poursuivie par une créature innommable à laquelle elle n’échappera qu’en risquant sa vie, elle découvrira qu’il n’en est rien et apprendra ce qu’est réellement la Ronce d’or.
Elle apprendra aussi combien il lui reste peu de temps pour agir car, dans quelques jours, cette dernière aura passé cinq cents ans liée à cette terre par les entrelacs d’un scribe très puissant, Ilfaylen, et que la seule chose qui pourrait arrêter la guerre serait de les dénouer. Le répit sera de très brève durée et elle sera bien mal en point quand Ravis, qui l’a cherchée partout, va la retrouver.
Car Izgard de Garizon, s’il la fait activement rechercher, n’en poursuit pas moins une guerre d’autant plus meurtrière qu’Ederius trace pour lui les enluminures qui font des ses soldats des monstres pratiquement invincibles par la terreur qu’ils suscitent. Et ce n’est pas le seigneur du Rhaize, que Camron a en vain essayé de mettre en garde, qui pourra tenir tête à ses armées.
Aussi, pendant que Camron passe dans chaque village pour pousser les habitants à s’enfuir, amis et ennemis cherchent-ils à atteindre au plus vite Bay’Zell, l’ultime forteresse ; les uns pour découvrir si Ilfaylen n’y aurait pas laissé une copie de son ouvrage permettant de le défaire, les autres pour parachever leur triomphe sur l’ensemble du pays.
De leur affrontement dépendra le devenir de la Ronce d’or, sous ses deux formes, de bague pour Tessa, de couronne pour Izgard dont le destin eut pu être bien différent s’il avait accordé fut-ce un instant de tendresse à son épouse très effrayée qui n’avait d’autres amis qu’Éderius et un petit bon-à-rien de chien.

— Hélène

Éditions Calmann-Lévy
328 pages – 19€
ISBN 978-27021-3893-9

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