"La Perle et l’enfant – La Pucelle de Diable-vert I" de Paul Beorn

Disons le tout de suite, Jéhanne, cette pucelle-ci, n’a d’autre point commun que son prénom et le métier des armes avec celle d’Orléans. Encore n’est-elle entrée à la Scolia des lieutenantes qu’en raison de la pénurie des officiers du Bailli, enrôlés dans les armées régulières. Si, au moins, elle était issue de la noblesse ; mais non, c’est une fille de saltimbanques et, pire, issue des Basses-Terres. Autant dire droit sortie de chez les culs-terreux.
Pourtant, grâce à son obstination, la jeune fille a su se faire une place et, avec Élisabeth, une de ses condisciples, vient d’être envoyée en mission sous les ordres d’un capitàn. Il ne s’agit certes pas d’une mission fort importante : du fin fond de la province, le capitàn de Diable-vert a sollicité des secours et, surtout, par pigeon-voyageur alors même que les communications par le réseau de miroirs sont tellement plus rapides. Or, si Jéhanne est encore très peu expérimentée, elle a démontré une résistance innée à la sorcellerie.
De nombreuses gens se dirigent vers Diable-vert. Le petit groupe va donc s’y rendre en compagnie d’une caravane, d’une vieille prisonnière et, en ce qui concerne Jéhanne, d’une perle trouvée en route. Une perle qui lui parle. Nous en apprendrons le pourquoi par la suite.
Cependant, à peine arrivés à destination, tout va basculer. La prisonnière s’enfuit. Jéhanne, trouvant un bébé abandonné au bord de la route, ne se sent d’autre choix que le recueillir provisoirement. Le plus étrange, nul n’avait vu l’enfant mais, aussi, nul ne semblait voir la nature des talus érigés de chaque côté de la route. Un immense assemblage hétéroclite. Des trésors et des objets ordinaires mais, à l’évidence, tous infiniment précieux pour ceux qui les avaient jetés là.
D’ailleurs le capitàn vient d’y jeter son épée-loi, la marque de son autorité, et ne semble plus en état de réfléchir, non plus qu’Élisabeth. Et leur liaison n’est visiblement pas en cause.
Jéhanne va donc devoir se charger seule de découvrir la cause de l’obscurité qui recouvre la ville et de son étrange beauté comme de celle de ses habitants. Pas facile quand ses alliés sont devenus des adversaires, qu’on a pour toute aide une perle bavarde et qu’on est encombrée d’un nourrisson.
Bref, une imagination riche et originale. Pour autant, le parti pris d’un parler moyenâgeux, si sympathique qu’en soit l’idée de départ, n’a pas été à la hauteur. Le style en est inutilement alourdi alors même qu’il aurait pu constituer un véritable plus. Mais, après tout, la gageure n’était pas aisée et c’est le premier roman d’un auteur assez jeune pour qu’il n’y ait rien là de rédhibitoire.

— Hélène

Éditions Mnémos – Icares
238 pages – 18,00€

ISBN : 978-2-35408-091-4

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