"La Première pierre" d’Ursula Le Guin

Un tout petit mot, sur une toute petite nouvelle, inédite en France, et qui vient d’être éditée par Souffle du rêve.
Dans le monde de rocailles où vivent les Obls, la seule réelle fierté de chaque ville est son université qui abrite savants et penseurs. Mais les somptueuses mosaïques de pierre dues à leur art, si elles leur permettent de stabiliser leurs esprits dans la beauté sont, hélas, régulièrement détruites par les crues printanières du fleuve.
Aussi, à chaque fois, leurs esclaves nurobls sont-ils chargés de retrouver des pierres permettant de recréer leur dessin le plus parfaitement possible. Et cela vaut mieux puisque les obls, privés de ce support de beauté, n’hésitent pas à faire pâtir leurs esclaves de leur déplorable caractère.
Ceci est l’histoire de la petite Bu, jeune nurobl chargée de trouver les pierres adéquates pour refaire les dessins signifiants pavant l’université d’Obling, et qui, par un hasard inattendu, en est venue à s’interroger sur la couleur de la dernière pierre trouvée, et ce qui en découla.
Une petite postface de l’auteur vient éclairer cette satire en la circonscrivant au monde universitaire. C’est assurément bien la limiter, car cette petite pierre, comme toutes celles jetées dans les mares, à tendance à y créer de tels cercles concentriques qu’ils pourraient bien atteindre aux rives d’un certain milieu littéraire, celui de la SF compris. Le propre des certitudes étant de scléroser l’imagination comme la pensée.
Que dire de l’édition elle-même ? L’idée en soi, celle d’une toute petite nouvelle à glisser dans une toute petite poche (10 cm x 15) le temps d’un court trajet, n’est pas désagréable. On ne peut donc que l’encourager. Il est cependant un peu dommage que la présentation soit à ce point rudimentaire, ce qui laisse très mitigé sur le rapport qualité/prix. Il y a là un véritable effort à faire.

— Hélène

Éditions Souffle du rêve
25 pages – 2,8 €
ISBN 978-2-918056-034

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