« La Vampire I – La Promesse » de Christopher Pike

vampire1Alisa Perne est une vampire et une vampire riche parce que, en cinq mille ans, on a le temps d’accumuler plus de richesses que le commun des mortels. Si riche qu’un détective un peu paumé, qu’un inconnu a mis sur cette piste, pourrait bien être tenté de la faire chanter. Sous quelque autre nom qu’elle se présente.
Une fois l’obstacle éliminé, il s’agira donc d’une partie de cache-cache pour découvrir l’identité de l’inconnu en question.
Seulement, en gardant un physique de jeune fille pour éviter de se faire repérer, on n’a guère de contact qu’avec des étudiants de son âge, celui des premières amours.
De l’originalité en ce qui concerne l’apparition des vampires, reliée non sans une amusante audace au Rāmāyana. Mais n’est pas Sita qui veut, et la référence exigeait un autre niveau.
Or, ces souvenirs du passé exclus, le roman est conduit au présent, et de façon bien plate, d’autant que l’arrogance extrêmement puérile de l’héroïne – du style : je suis la plus belle, la plus intelligente, la plus forte… – n’est pas de nature à la rendre sympathique, si peu que ce soit.
Mais surtout, et c’est là un défaut des plus courants dont ont à souffrir les vampires de nos jours, nombre d’auteurs semblent incapables de leur accorder l’intelligence décente qu’on pourrait attendre au bout de tant de siècles, de millénaires même. On pourrait penser que la plus sotte des jeunes filles, quand elle atteint une longévité telle qu’elle a connu l’Inde légendaire, l’apogée de Rome, l’Amérique moderne… est devenue, sinon brillante, du moins expérimentée, et peut-être même sage. À moins que la sénilité, évidemment, ne conduise à retomber en enfance, mais je crains que ce ne soit pas un effet voulu par l’auteur.

Éditions J’ai Lu
191 pages – 8,90 €
ISBN : 978-2-290-02683-0

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