« Le Champion d’Olympie » de René Guillot

champion5C’est en tant qu’esclave, et esclave fouetté, que Donar-Kong, le blond viking, fils d’Uric le Maître des vents, débarque à Corinthe. Inutile dire qu’il n’entend pas du tout être conduit le soir même à la maison de Dromon, son « propriétaire » même si, ayant épargné un accident à celui-ci, il peut en espérer quelque mansuétude.
Sa première décision va donc être de s’enfuir et cette nouvelle tentative va réussir. Mieux, un très heureux hasard va lui permettre de se débarrasser d’une tenue qui l’aurait fait repérer. En effet, il n’a pas été le seul rescapé du naufrage dans lequel il a tout perdu : son serviteur et compagnon, Bormo, a lui aussi survécu pour se retrouver aux mains de Crétois vendeurs d’esclaves. Le fugitif va donc trouver un refuge momentané dans la cabane de berger de Bormo. Il va y trouver aussi vêtements et nourriture avant de repartir.
Mais, comble de malchance, ou par chance, déboulent sur son chemin deux jeunes filles dont l’un des chevaux s’est emballé. Pourrait-il ne pas intervenir ? C’est ainsi qu’il va se faire tout à la fois une amie reconnaissante et un ennemi mortel puisque un soupirant de la jeune fille, ayant assisté de loin à la scène, n’apprécie pas spécialement ce sauvetage par un va-nu-pieds et, moins encore, d’être durement corrigé par celui-ci puis rabroué par son amie.
La charmante enfant se nomme Phérénice et elle ne peut faire moins que de ramener celui qui l’a sauvée chez elle et, aussi, puisque tous deux apprécient les chevaux, le présenter à son frère Calliste. Les deux adolescents vont immédiatement sympathiser. C’est ainsi que Donar-Kong va rencontrer leur grand-père… Dromon. Mais Dromon, tout à la fois capable d’évaluer le caractère et les capacités de l’esclave fugitif, plutôt que de l’affranchir par reconnaissance, va le mettre à l’épreuve auprès de ses chevaux.
Aussi, finalement, le jeune celte sera-t-il amené à conduire son quadrige aux Jeux d’Olympie, en dépit des traquenards tendus par Mulion, son rival.
René Guillot est un conteur. Son héros est donc un peu trop « mythique » pour être tout à fait crédible. D’une certaine façon, il joue un rôle de catalyseur révélant les caractères sur son passage. Il passera dans la vie des personnages comme un météore, les amenant à aller jusqu’au bout de ce qu’ils sont, mais sans achever leurs histoires. Amour, amitié n’auront été que des étapes dans une construction qu’ils devront achever eux-mêmes, tant il est vrai que ce ne sont pas tant les circonstances de la vie qui vous construisent mais la façon dont on y répond.
Alors, bien sûr, si vous pensiez qu’il y a là un peu trop de hasards, heureux ou malheureux, ce ne serait qu’aveuglement dû aux dieux, puisque nous savons bien que les héros sont toujours sous leur protection. Un joli conte pour une jolie leçon de vie.

Éditions Thierry Magnier
164 pages – 8,50 €
ISBN : 978-2-84420-437-0

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