"Le Langage des pierres I – Le Dit du Sang" de Pamela Freeman

Il y a une bien agréable fraîcheur de ton dans ce premier tome du Langage des Pierres de Pamela Freeman. Décidemment, le vent de fantasy qui souffle depuis l’Australie apporte avec lui une certaine nouveauté. Sans doute pas sur le fond mais bien dans la manière. Trois personnages y sont présentés qui se rencontreront pour une quête, mais nous n’y sommes pas encore. Nous saurons seulement que chacun conserve d’un lointain passé le sang des Voyageurs, ceux qui ont été dispersés aux quatre coins du monde lorsque les Onze Domaines ont été conquis par l’armée d’Acton et leurs peuples exterminés, quand ils n’ont pas été simplement assimilés par l’envahisseur.
Si ce goût de l’errance et la mémoire du passé sont restés au cœur de nombreux voyageurs, ce ne sont plus cependant que des souvenirs. En mille ans, le désir de vengeance a eu largement le temps de s’émousser. Pourtant il est resté imprimé de frais dans l’âme d’Épervier, l’enchanteur qui a vu tous les siens massacrés alors qu’il était tout enfant.
Ronce, quant à elle, est de ces jeunes filles indépendantes, vite cataloguées comme garçons manqués, surtout dans un village où l’on vit d’une façon des plus traditionnelles, c’est-à-dire basée sur ces deux opposés que sont l’entraide spontanée et les commérages malveillants. La jeune fille n’y aurait pas été malheureuse cependant si la mainmise tyrannique du seigneur des lieux n’avait entraîné une insupportable arrogance de ses gens. Une situation devant laquelle on n’a d’autre choix que la révolte ou la fuite.
Frêne, lui, appartient réellement aux gens du voyage et il aurait repris la succession de son père si seulement il avait eu le moindre don pour le chant. Mais non. Ses parents l’ont donc placé en apprentissage en ville auprès de Doronit. C’est assurément un bon métier que protecteur, même si ça n’implique rien de moins que de savoir assassiner à la perfection. Mais, après tout, Doronit n’est-elle pas si belle que c’est une joie que lui obéir ? D’ailleurs, c’est bien la seule qui l’ait accepté comme apprenti…
Trois chemins fort différents qui vont donc se croiser tout à fait par hasard puisqu’en fantasy, comme dans la vie réelle sans doute, le hasard n’est qu’un des masques de la nécessité ou le dessein des dieux.
Trois chemins fort bien menés aussi, avec des pauses pour laisser s’exprimer les personnages secondaires du roman. Avec tout l’intérêt qu’apportent ces points de vue extérieurs sur des comportements perçus sans nuance par les trois acteurs principaux.
En bref, amateurs de bonne fantasy : à vos marques, prêts… partez !

— Hélène

Éditions J’Ai lu
535 pages – 8,40 €

ISBN : 978-2-290-02352-5

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