"Le Pacte du hob" de Patricia Briggs

Quelle agréable surprise ! Loin de l’heroic-fantasy devenue quasi traditionnelle, Patricia Briggs nous livre ici une fantasy champêtre. Un petit village… Oh, on pourrait bien y voir une version particulière de la vierge livrée au dragon pour assurer la tranquillité des villageois et de leur cheptel, mais, avec habileté, l’auteur évite les embûches qu’une vie ordinaire aurait pu tendre à la fantasy.
Non, l’héroïne n’est pas une princesse, même pas déguisée en Peau d’âne. C’est une petite paysanne ordinaire, tout à la joie de son mariage de la veille avec le beau Daryn pour lequel elle s’applique à devenir une ménagère modèle quoiqu’elle ne soit visiblement pas des plus dégourdies. Toutes ses capacités tiennent dans certaines prémonitions, des « vues », qu’elle analyse d’ailleurs mal, de façon générale, et qu’elle cache de son mieux. Après tout, son frère Quilliar possédait un peu de magie et il a préféré mourir que de rejoindre les Mages de sang du royaume.
C’est dire à quel point la magie est mal vue et la chance qu’elle a eue de ne pas rester seule. Il est vrai que son père a veillé à lui trouver un époux pour aider au travail de la terre.
Seulement, à peine son père et celui-ci partis aux champs, accompagnés de son jeune beau frère, voilà qu’elle a juste le temps de se cacher à la cave pour éviter une bande de maraudeurs envahissant sa demeure et, là, Aren s’est sentie tout près du pouvoir de la terre, comme si celle-ci se libérait enfin du joug des Mages de sang. Comme si la terre tremblait. Seulement, à cette impression rassurante succède une tout autre vision : les siens massacrés par ces mêmes brigands. Mais ni Aren, ni les villageois accourus n’arriveront à temps. Il n’y a donc plus le choix et la jeune femme, veuve désormais, va reconnaître son don devant les Anciens malgré une certaine hostilité. Toutefois, la terre a vraiment tremblé. Ce petit village de montagne se retrouve isolé du monde par des cols éboulés. Alors, après quelques temps de prostration, Aren va partir à la recherche de la magie de la Terre vers la montagne du Hob espérant de l’aide des êtres légendaires qui y vivraient. Et puis, parce qu’on ne laisse pas une jeune femme partir seule à l’aventure et qu’il faut bien savoir ce qu’il est advenu des villages voisins, l’accompagneront un vieux camarade taciturne, Kitt, et Wandel, un ménestrel amené là au cours de ses voyages.
De ce qu’ils découvriront, je ne vous dirai rien, espérant que vous prendrez le même plaisir que moi à cette lecture où les petites gens sont moins simples qu’il y parait et peut-être plus aptes à découvrir le respect des différences dès lors qu’on les y aide un peu.
Décidemment, avec Le Pacte du hob, comme avec Sœur des cygnes, les éditions l’Atalante renouent avec la tradition bien perdue des contes et c’est tout ce que demande le lecteur. Sans compter le petit plus qui devient rare : un livre et un seul pas une de ces tri, quadri, déca-logies qui doivent se lire en feuilleton à intervalles tellement longs qu’on a le temps de tout en oublier avant de pouvoir lire enfin la suite et, en prime, une fort belle couverture d’Amandine Labarre.

— Hélène

Éditions L’Atalante
317 pages – 18 €
ISBN : 978-2-84172-491-8

%d blogueurs aiment cette page :