"Le Palais adamantin – Les Rois-dragons I" de Stephen Deas

Ce n’est que tous les dix ans que change l’Orateur des Royaumes, avec l’accord de l’ensemble des rois et reines-dragons qui, si l’un d’entre eux s’oppose au choix de son prédécesseur, procèdent à son élection.
Mais il ne s’agit pas simplement d’un titre anodin car l’Orateur représente le pouvoir des alchimistes et, de fait, la plus haute autorité de l’Empire. Ces alchimistes qui ont su, en réduisant à l’obéissance les dragons qui décimaient l’espèce humaine, faire de ceux-ci une force à sa disposition. Aussi, le pouvoir se mesure-t-il désormais au nombre de dragons que possèdent les souverains et Sheriza, reine-dragon de Sable et de Pierre, promise au titre d’Oratrice, n’est-elle pas la moindre d’entre eux.
C’est donc rien moins qu’un cadeau réellement royal qu’elle s’apprête à faire au prince Jehal, fils de Tyan, roi de l’Océan Infini, le futur époux d’une de ses trois filles : Lystra, la plus jolie et la plus jeune.
Ce n’est pas vraiment le gendre idéal pourtant puisque l’on prétend qu’il empoisonne lentement son vieux père, atteint de démence sénile, et aurait assassiné la reine des Moissons, Aliphera. Et Jehal est effectivement un assassin, et des plus ignobles, mais ce n’est pas sa maîtresse, Zafir, la fille même d’Aliphera qui témoignerait contre lui. Elle l’aiderait plutôt, en dépit de la jalousie qu’elle voue à la future promise.
Et ce n’est pas la seule aide qu’il puisse attendre. Il va également recevoir un curieux et précieux cadeau (d’appel ?) des riches marchands Taiytakaei qui ne souhaitent rien tant que la possession d’un de ces dragons qu’ils redoutent par-dessus tout.
Seulement, les royaumes ne se dirigent pas avec le cœur et tous les coups sont bons pour y prendre l’avantage. Rude épreuve donc pour Sheriza que la précieuse dragonne blanche, sa « parfaite », prévue en cadeau de noces, ait disparu pendant le voyage. Qui serait assez fou pour tenter de l’enlever ?
Mais si elle n’avait pas été enlevée ? Et si, surtout, privée de la drogue des alchimistes, elle recouvrait sa nature sauvage et s’affranchissait du joug des chevaliers-dragons ? Hypothèse que nul ne peut encore envisager.
Aussi, tandis qu’au palais adamantin, siège de l’Orateur Hyram, se nouent de tortueuses intrigues pour le pouvoir, Jaslyn, fille de Sheriza, est-elle envoyée à la recherche de cette précieuse monture.
De la fantasy consacrée aux dragons, certes, mais tout à fait bien menée. Rien de convenu ici. De vrais caractères, de vraies intrigues… Bref, si jusqu’à ce jour j’ignorais tout de Stephen Deas, la surprise a été totale et j’ai lu ce premier tome avec un vif plaisir, plaisir qui eût été d’autant plus vif si j’avais pu, dans la foulée, me procurer aussitôt le tome suivant. Plus qu’à attendre un peu…

— Hélène

Éditions J’Ai lu
412 pages – 7,10 €
ISBN 978-2-290-02353-2

Ce billet est initialement paru en juillet 2009, suite à sa parution aux Éditions Pygmalion
357 pages – 19,90€
ISBN 978-2-7564-0232-1

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