"Le Piège de glace – L’Épée des ombres I" de J.V. Jones

Pendant que dans la tempête et la neige, Tarissa se hâte pour atteindre la ville dans laquelle elle sera en sécurité pour mettre au monde l’enfant qui s’en vient, un homme est torturé jusqu’à en oublier son nom par de mystérieux bourreaux. Voilà le double décor sur lequel s’ouvre l’histoire avant que seize années ne s’écoulent.
L’enfant, qui aurait pu mourir dans la neige en même temps que sa mère, a été recueillie par le seigneur-protecteur de la ville qui, tout à la fois, traite en princesse la jeune fille, Asarshia, mais la cloître avec pour seule compagnie une servante de son âge, Katia. En dépit de toute l’affection qu’il assure porter à sa presque-fille, celle-ci ne supporte plus cette surveillance incessante ni cet intérêt ambigu d’autant qu’elle s’est mise récemment à souffrir de cauchemars – des voix mauvaises qui la conjurent de les délivrer – dont elle se réveille affolée et trempée de sueur.
Dans les steppes enneigées des clans, c’est un autre drame qui se noue. Le jeune Raif et son frère aîné, Drey, sont partis chasser. L’étrange habileté du puîné au tir à l’arc aurait du clore cette escapade par un retour plein de fierté. Mais non. Un étrange pressentiment l’a saisi et c’est à toute allure que les deux jeunes gens retournent au camp pour y trouver leur père et ses compagnons massacrés. Ils leur donneront une sépulture décente avant de retourner chez les leurs, après avoir cherché en vain le corps de Masse Grêlenoire parmi ceux qui sont tombés. En réalité, celui-ci les a précédés avec l’affreuse nouvelle et, même si sa version diffère de celle des deux frères, il va très vite prendre l’ascendant sur ceux du clan, d’autant qu’il est le fils du chef qui a péri dans cette attaque. La guerre est donc déclarée avec le clan Bludd qui en serait l’auteur.
Alors que la jeune Ash, qui ne s’est jamais considérée autrement qu’enfant trouvée, essaye d’échapper à la surveillance de Penthero Iss, le seigneur-protecteur de la ville, Raif, lui, désire fuir l’inexplicable animosité de Grêlenoire, malgré tout l’attachement qu’il porte à son clan, ainsi qu’à son frère et à sa petite sœur, Effie.
À la même époque, Sadaluk, shaman d’une tribu du Nord, pressentant de redoutables évènements, a envoyé un étrange trappeur en mission. Celui-ci, Angus Lok, va donc abandonner sa vie retirée et sa famille pour une quête dont nous n’apprendrons rien dans ce premier tome, sauf qu’elle le conduira au passage à retrouver Raif, le fils de sa défunte sœur.
Les personnages sont en place et l’histoire débute vraiment lorsqu’ils se rejoindront.
L’auteur, qui a notamment écrit L’Enfant de la prophétie et La Ronce d’or, accorde un grand attachement à ses personnages et cela se sent. Lorsqu’à cela s’ajoute un grand « sérieux » dans l’écriture, cela donne une fantasy sans mièvrerie et pleine d’imagination. Certes, avec quatre tomes de prévus pour ce cycle de L’Épée des ombres, on peut craindre, comme c’est si souvent le cas, que l’histoire ne se dilue par de bien de trop nombreux intervenants mais la maîtrise de J.V. Jones devrait éviter cet écueil. Vivement la suite, donc.

— Hélène

Éditions Orbit
409 pages – 19,90 €
ISBN 978-2-36051008-5

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