« Le Siège des dieux – Chroniques d’au-delà du seuil II » de Paul Carta

le-siege-des-dieuxLa quête entreprise par Khimaï, si elle l’a conduit jusqu’au temple de Mygros où il espérait retrouver Lathân, s’est avérée vaine. La jeune érudite en est très récemment partie avec quelques compagnons, sans qu’il puisse en connaître la raison précise. Du moins a-t-il appris la direction qu’elle suivait et va-t-il marcher sur ses traces.
La voyageuse, n’a, semble-t-il que très peu d’avance. Mais la malignité du destin, et de l’auteur, veut que cette avance ne diminue guère.
Avec une consolation cependant. S’ils doivent traverser les territoires glacés du Nord, Khimaï et Borhôn ne voyagent pas seuls, mais avec une tribu nomade qui retourne vers son village. Une compagnie méfiante sans doute, tenue d’honorer un engagement pris à contrecœur, mais pas hostile cependant. Le jeune homme va même s’y trouver un ami de son âge, Uhey, sur lequel compter vraiment.
Si la piste suivie ‒ la seule possible vers les Passes menant au Siège des Dieux ‒ est la bonne puisqu’elle est jalonnée, au fur et à mesure de leur avancée, par les compagnons de Lathân qui ont du abandonner en chemin, elle complète aussi, à la dure, l’éducation d’un prince sur les régions de son royaume, avec ses peuples, leurs besoins, leurs richesses et leurs dangers.
Une expérience concrète bien différente des voyages minutieusement préparés où il accompagnait son père, et le contrepoint pratique des leçons enseignées par Maître Thêramon.
Ces retours sur les années écoulées, dont la mise en page facilite généralement la lecture en dépit d’un unique oubli assez fâcheux, en apprennent beaucoup sur le caractère de ce futur Protecteur, très soucieux de remplir ses devoirs, mais sans en éprouver cependant la moindre envie.
Il faut dire que la perspective d’un mariage arrangé avec la princesse Myllîa, sœur du déplaisant Askhlyân, en vue de resserrer les liens avec le duc de Bôssen, n’a vraiment rien d’encourageant. Sans compter qu’il explique peut-être l’éloignement de Lathân.
La retrouver enfin sera l’occasion d’éclairer beaucoup de points obscurs de l’histoire de Mitellia et de sa religion, mais il faudra encore parcourir le chemin du retour et rentrer à Coeur-du-Monde pour obtenir de vraies réponses. Et ce seront de surprenantes et terribles réponses.
Ce second tome confirme l’impression du premier, celle d’une fantasy riche et vaste qui, tout en suivant les lois du genre, sait s’en écarter suffisamment pour y apporter une certaine originalité.
Il y a toujours plaisir à découvrir de nouvelles contrées et de nouvelles coutumes, plus encore celles d’un monde juste créé à cet effet. Avec, ce qui n’est pas rien, une langue irréprochable.
En attente donc du tome III, Les Dieux endormis

Éditions Archipel
411 pages – 21 €
ISBN : 978-2-8098-1655-6

%d blogueurs aiment cette page :