« Le Testament d’un enfant mort » de Philippe Curval

testament curvalUne curieuse petite nouvelle qui, pour dater des premiers bébés-éprouvettes et s’ouvrir sur une étude de 1945 – Les Origines de la pensée chez l’enfant de Wallon – n’en conserve pas moins une originalité encore toute particulière.
Avec deux narrateurs.
Le chercheur, d’abord qui, à travers cinq mémoires successifs, fait part des étapes de la recherche à laquelle il a décidé de consacrer sa vie. Alors que le XXe siècle touche à sa fin, un nombre croissant de nourrissons meurent au bout de quelques semaines au point qu’on s’épouvante d’une possible disparition à venir de l’humanité. Aucune cause connue sinon une sénescence aussi rapide qu’inexplicable.
Camille Félix Trezel ensuite, le principal sujet de l’expérience. Un des bébés faisant partie d’un lot de cinq, le stock étant régulièrement renouvelé. Un enfant qui ne peut parler bien évidemment, ce dont l’auteur se tire par une petite pirouette élégante : cette pré-maturation entraîne de telles capacités télépathiques que le chercheur écrira sous la dictée, non sans dommages.
Pas une lecture que je dirais plaisante mais remarquable cependant eu égard au tour de force de cette immersion imaginaire dans un cerveau immature qui refaçonne le monde en fonction de ses seules données.
À placer dans les curiosités à visiter.

Éditions Le Passager clandestin 
Collection dyschroniques 
73 pages – 6 € 
ISBN : 978-2-916952-77-2

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