« L’Éperon maudit » de Philippe Halvick

Cover-L-Eperon_MauditDarn Forccster, s’il est une telle tête brûlée qu’il risquera le pauvre rafiot de son père dans la tempête pour pêcher le gros, n’en est pas moins un hardi marin. Ce qui lui vaudra à son retour, à la fois une semonce et la récompense, si c’en est une, de devenir engagé « volontaire », mais, du moins, cela paiera les dégâts qu’il a fait subir au bateau de son père. Mais se retrouver au service du suzerain en même temps que Tim Lournbe, le plus parfaitement odieux des riches vauriens du coin, voilà qui n’est pas de chance !
Pourtant, tout va bien se passer sur la Conque du Styur, dont l’équipage va être quasiment une nouvelle famille d’accueil, car Darn est désireux d’apprendre et n’hésitera pas à se mettre en danger pour sauver un matelot tombé à la mer. Une matelote en réalité, et rien de moins qu’une demi-trolle, ce qui n’est sans doute pas la compagnie la moins utile que l’on puisse rencontrer.
Sauf qu’entre cette réputation de fiabilité et la malveillance de Lournbe, il va se retrouver – en compagnie de Dy Mopert, le mage pas très doué chirurgien du bord, et de Rhac’ qu’il a sauvée de la noyade – sur l’Éperon, un piteux bateau, et avec un non moins piteux équipage pour effectuer une mission de surveillance aux bords de la frontière et là…
On retrouve ici les traits caractéristiques des romans de Halvick. Un héros qui l’est plus ou moins à l’insu de son plein gré et qui, justement pour cela, bénéficiera de cette petite dose de chance allant de pair avec l’inconscience. Mais aussi, toujours, ce fil conducteur mettant au premier plan les valeurs d’entraide et de tolérance. L’auteur ne cherche pas à la grande littérature, dont les bons sentiments ne font pas partie, dit‑on, mais du moins est-ce rafraîchissant et sans prétention, ce qui n’est pas rien.
Au final, une amusante lecture d’été parfaite pour accompagner une boisson bien fraîche et un parasol.

À Contresens éditions
335 pages – 19 €
ISBN : 979-10-90408-11-1

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