« Les Faucheurs sont les anges » d’Alden Bell

9782352945598Dans un monde envahi par les zombies, Temple, adolescente solitaire, parcourt les USA. Trouvant refuge dans une petite communauté cachée au coeur de grands immeubles, elle doit rapidement s’enfuir après avoir tué Abraham, sale individu qui tente d’abuser d’elle. Poursuivie par Moïse, le frère d’Abraham qui veut venger sa mort, elle croise Maury, un idiot qui vient de perdre sa grand-mère et qu’elle prend sous son aile. Direction : l’adresse de parents que Maury trimbale sur un papier dans sa poche.
Ainsi résumée, cette histoire pourrait être un roman d’action, bourré de courses-poursuites.
Ecrit au présent, sans un seul tiret de dialogue ou guillemet, les Faucheurs sont les anges est en réalité une sorte de long poème mélancolique sur les beautés de la nature, les humains, la vie et la mort.
Temple fuit les autres, persuadée qu’elle est mauvaise alors qu’elle est juste une adolescente qui tente de survivre, terriblement forte quoique menue (une Buffy like ?), et on chemine avec elle, au fil de ses rencontres. Moïse, quant à lui, semble suivre une sorte de code de l’honneur qui l’oblige à tuer celle qui a tué son frère sans que cela le réjouisse particulièrement.
La lecture est plaisante et on est curieux de ce monde post-apo, même si certaines choses laissent dubitatif, comme les centrales électriques qui marchent toujours, le carburant qui reste disponible… Le personnage de Temple, adolescente attachante, peine à convaincre : a priori livrée à elle-même très jeune, ne sachant pas lire, elle semble néanmoins connaître beaucoup trop de choses et aucune révélation finale ne viendra véritablement expliquer tout cela. Le déroulé des évènements aussi (les 25 ans depuis le début de la catastrophe – qui ne sera pas expliqué, mais ce point n’est pas gênant) : je n’imagine pas que des biscuits au fromage restent intacts si longtemps (ou le vernis à ongle, comme je l’ai lu dans certaines critiques)…
Si l’immersion est facile, si l’on tourne les pages sans voir le temps passer, au final, on reste avec un « tout ça pour ça ? » L’auteur s’est fait plaisir en mettant en scène des survivants, désespérés ou, au contraire, pleins de vie, en parlant de Dieu et de la beauté du monde… mais ça fait beaucoup de pages pour une simple contemplation.
Je ne saurais donc conclure en vous conseillant de le lire ou pas, car je ne sais pas bien si les amateurs d’histoires de zombies et de mondes post-apo aiment les longs poèmes mélancoliques. Personnellement, j’ai satisfait une curiosité car ce n’est clairement pas le genre d’ouvrages auxquels je suis habituée, mais je ne suis pas certaine de retenter l’expérience.

Traduit par Tristan Lathière
Bragelonne
ISBN : 978-2-35294-559-8
18 € – 283 pages

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