"Les Futurs mystères de Paris IV – L’Aube incertaine" de Roland C. Wagner

Ce qui est le moins évident, lorsqu’on est aussi transparent que Temple Sacré de l’Aube Radieuse (Tem pour les intimes), c’est quand on ne l’est plus. Pas très agréable en effet de se faire discret quand son portrait a été largement diffusé sur le wèbe. D’un autre côté, pour un privé, c’est plus pratique pour trouver des clients, mener une vie intime normale et autres menues choses de la vie sans avoir besoin de porter un chapeau vert fluo et des babouches à clignotants lumineux qui vous transforment en arbre de Noël ambulant.
Seulement, à peine l’enquête confiée par son nouveau client – et pas n’importe qui, le président d’Eldorado soi-même ! – est-elle commencée que son opacité s’estompe. C’est d’un pratique ! La meilleure solution est bien de demander de l’aide à Eileen, sa compagne, mais s’il s’efface à ses yeux, ne risque-t-il pas aussi de s’effacer de son souvenir ? Et, cette fois, pas question de compter sur l’aide de Gloria, son aya, furieuse qu’il ait accepté de travailler pour l’un des Huit, ces technotrans qui gouvernent le monde par la puissance de l’argent.
Pas facile, dans ces conditions, de rechercher le ou les coupables d’une accumulation de meurtres visant les artistes du Délirium. D’autant que ceux-ci pourraient bien avoir tout simplement succombés à leurs excès de drogue.
Heureusement reste Ramirez qui n’a jamais cessé de le voir, ou de le percevoir assez pour ne jamais l’oublier complètement.
Le tout dans un Paris qui a connu la Terreur. Dans un futur éloigné, mais pas si lointain que ça. Qu’est-ce qu’un demi-siècle ?
D’abord un polar donc, suivi d’une « fantaisie », Honoré a disparu. Ce serait une meilleure définition que « conte de fée ». Seulement, évidemment, il faut admettre que le prince serait un cochon mais, à ce détail près, tout est en place : le méchant magicien, même si ce n’est pas un magicien, ses méchants sbires, sans doute pas si méchants que ça, l’ami fidèle, quadrumane tout de même, une fée… eh bien, assez particulière et, of course, une grande quête spirituelle… à tous les sens du terme.
Un bouquin qui est un pur plaisir. Je ne dirai pas : drôle ; l’auteur côtoie la drôlerie de si près qu’on s’étonne qu’il n’y tombe jamais totalement. Et ce serait également faire bon marché du fond en dépit de la légèreté avec laquelle il affleure. En réalité, Wagner accorde au lecteur le crédit du savoir-lire, une grâce rare du sourire à demi-mot.
Et si ce quatrième tome peut se lire sans avoir lu les précédents, il est certain qu’il vous fera justement regretter de ne pas les avoir lus. Une lacune que, pour ma part, je m’apprête à combler au plus tôt.

— Hélène

Éditions J’ai Lu
381 pages – 7,60€
ISBN : 978-2-290-02228-3

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