"Les motifs de l’ombre – La ronce d’or I" de J.V. Jones

C’est pour échapper une nouvelle fois à un amant que Tessa Mc Camfrey, roulant au hasard dans la campagne, va se retrouver dans une forêt où ont été abandonnés les restes du casse d’une banque. Tous les objets de valeur ont disparu mais, parmi les documents abandonnés et déchirés, Tessa, curieuse, découvre une singulière petite bague, tressée de fils d’or barbelés, demeurée inaperçue dans une doublure d’enveloppe. Et elle a tellement envie d’y passer le doigt, même si les petites pointes qui semblent alors s’inverser l’égratignent durement !

Voilà au moins une chose inattendue dans une vie ennuyeuse, consacrée à un boulot ennuyeux et à des relations qui finissent toujours par l’ennuyer…
Peut-être cette jeune anglaise vivant en Californie aurait-elle eu une autre destinée si de terribles crises d’acouphènes ne l’avaient empêchée de poursuivre dans la voie qu’elle aurait choisie. Mais dès qu’elle se trouvait confrontée à trop de bruit ou qu’elle se consacrait à quelque chose de vraiment passionnant, comme tenter de suivre les entrelacs d’un bijou celte, ou d’une enluminure, jusqu’à y discerner l’amorce d’une signification cachée, le bourdonnement revenait, si violent qu’elle s’en évanouissait parfois.
Mais voilà qu’en passant cette bague, cela s’était tu, mais qu’elle se retrouvait en grand danger dans un monde étranger.
Dans cette situation fort délicate, elle aura donc bien de la chance de croiser Ravis, un mercenaire qui, en dépit de sa fureur de se trouver dépossédé (le vaisseau sur lequel était tout son bien est parti sans lui) ne saurait abandonner une femme en détresse.
Ceci dans un temps où Izgard, le sanguinaire roi du Garizon, se proposant de conquérir l’ensemble des pays voisins avec l’aide de soldats qu’une magie inconnue transforme en véritables fauves, vient de faire assassiner le seul seigneur qui l’a emporté sur les soldats du Garizon cinquante ans auparavant et aurait légitimement pu s’opposer à lui. À ce vieil homme qui rêvait désormais de paix, Camron de Thorn, son fils, va vouloir offrir une vengeance exemplaire.
De ces trois personnages qui vont se croiser, l’auteur aurait pu tirer une de ces histoires de fantasy si parfaitement classiques qu’elles en deviennent quelque peu monotones. Elle y a toutefois introduit le merveilleux fil conducteur de l’enluminure.
C’est ainsi que Tessa finira par découvrir son pouvoir sur ce monde et comment elle y fut conduite. L’art du scribe est néanmoins fort dangereux et cela ne sera pas un luxe que de recevoir l’aide d’Emith, l’apprenti qui sait tailler les pinceaux et préparer les pigments et qui savait, ou bien avait deviné, les chemins que suivait son vieux maître, Deveric, conseiller royal qui mourut en tachant de cinq gouttes de sang l’extraordinaire parchemin qu’il venait d’achever…
Voilà une véritable épine dans la chair d’Izgard de Garizon, dont la couronne barbelée est l’exacte réplique de la bague de Tessa, et qu’il entend bien extirper.
Voilà un livre que j’ai lu avec plaisir et dont j’attends la suite.

— Hélène

Éditions Calmann-Lévy
349 pages – 19€
ISBN 978-27021-3892-2

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