« Les Naufragés de l’espace – Hoshikaze 2250-2 » de Philippe Halvick

Il n’est pas toujours certain, lorsqu’un convoi se met en route, qu’il arrivera à bon port. Moins encore lorsqu’il s’agit de vaisseaux spatiaux transportant colons ou repris de justice, ou les deux, et même entourés de patrouilleurs. Lesquels ne serviront d’ailleurs pas à grand-chose puisque, avant même que soit terminée l’installation des voyageurs dans leurs caisson de cryogénisation, la flotte en question sera attaquée et par des vaisseaux de guerre.
Drôle d’idée que de mobiliser ce genre de bâtiments pour un malheureux transport d’individus sans grand intérêt ? Sauf que nombre de ces individus en route pour le bagne aux confins du système sont des Riths, un peuple guerrier genre centaures félidés, naturellement agressif, qui n’entend pas laisser les siens à un sort aussi déplaisant.
Ce qui n’empêche que certains d’entre eux, tout comme les humains, les Schaads ou les K’Rinns, puissent également faire partie des gardiens.
C’est même sous la houlette d’un de ces K’Rinns – insectoïde déplaisant qu’ils surnommeront M. Crabe – et sous la surveillance d’un Rith que deux des prisonniers non encore cryogénisés, vont se faire enrôler pour les premières corvées. Ça leur apprendra, penserez-vous, à se faire remarquer. Il est vrai que c’est un travers assez souvent propre aux mâles humains, même s’ils émettent parfois des idées judicieuses. Il semble que certains Schaads, ces grands « lézaroïdes » fort dentés, n’y échappent pas non plus puisque Ryde Hick, humain un peu hâbleur mais assez dégourdi, est parti pour faire équipe avec l’un d’entre eux, qu’il baptisera Bob pour la circonstance.
Ainsi seront-ils aux premières loges, lorsque les vaisseaux-portails les accompagnant s’enfuiront en s’ouvrant une brèche « au hasard » dans l’espace, pour aboutir justement dans un espace hasardeux, et avec leur seul vaisseau, y découvrir une balise-émettrice tout à fait inconnue et s’y retrouver inexorablement attirés par un puissant rayon-tracteur sur le planétoïde non moins inconnu qui lui sert de source.
Encore leur faudra-t-il d’abord y atterrir sans trop de casse et, ensuite, essayer de se débrouiller pour en repartir. Et ce ne sera pas simple entre une mutinerie et les dangers trouvés sur place.
L’auteur nous livre là une aventure amusante avec, comme il en a coutume, un humour bon enfant et, toujours, une belle démonstration que tout peut réussir dès lors que l’on travaille main dans la main (voire dans la patte ou la pince) avec ceux qui sont différents de soi. Une certitude qui, pour être étendue aux peuples de l’Univers, n’en est pas moins particulièrement rafraîchissante à notre époque et sur notre petite planète égocentrée.
Ce roman s’inscrit d’ailleurs plus largement dans un univers de Space-opera collaboratif développé sur Internet : Hoshikaze-2250, où se côtoient romans, nouvelles, jeux de rôle et de plateau ainsi que des illustrations dont, notamment, celles des créatures ici rencontrées.

Éditions Black coat press
collection Rivière blanche
253 pages – 21 €
ISBN : 978-1-61227-537-6

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