« Les Nuages de Phœnix » de Michèle Laframboise

Sur la planète Phoenix, dont l’air n’est pas encore tout à fait respirable, malgré les efforts immenses des pionniers, il suffit à Blanche de bien surveiller son capteur à oxygène pour pouvoir courir librement et cheveux au vent, même si la course doit être assistée d’un appareillage assez lourd.
Errer parmi des ruines grandioses et inexpliquées, contempler les nuages qui dansent, c’est un bonheur. Quelquefois partagé avec Samian, un peintre, lui aussi équipé d’un exosquelette. Sans doute le seul adulte qui partage cette passion qui lui vaut, pareillement, une réputation d’original, pour ne pas dire de propre-à-rien, dans une communauté où chacun est chargé de tâches aussi précises qu’indispensables. Il est vrai qu’il s’agit d’un vétéran des Forces de l’Alliance et que le maire n’aurait pu faire autrement que l’accueillir, même si l’on n’accepte aucun immigrant dans la colonie.
Rien d’étonnant à ce que Romain Gaillard n’approuve guère une telle amitié avec sa fille, ni à ce que Lupianne, sa sœur aînée, la surveille, préférant anticiper sur les alertes que lancerait le Cerveau administratif de la base si Blanche s’éloignait trop longtemps.
Car, malgré les progrès réalisés, l’installation sur Phœnix est encore récente et, même si la planète a pu accueillir des pionniers, on y vit encore sous une bulle.
Il est bien évident que les intuitions de Blanche, qui la persuadent que les merveilleux nuages, qu’elle contemple depuis si longtemps avec leurs rythmes particuliers, communiqueraient entre eux, semblent a priori bien peu sérieuses à Lupianne, surtout au regard des anomalies que celle-ci a constatées dans les réservoirs. Des anomalies qui expliquent sans doute l’insuffisance de la productivité des souffleries – qui n’atteignent pas les quotas d’oxygène prévus – et les inquiétudes de leur père, en charge d’une d’entre elles.
C’est bien là le vrai souci de celui-ci, d’autant que la Négocorporation a décidé d’accélérer la mise en place des infrastructures. Pas de quoi le mettre de bonne humeur, et moins encore de se sentir indulgent envers l’amitié nouée entre sa benjamine et un artiste désœuvré disposé à partager ses frayeurs.
Et pourtant, il y aurait de quoi s’inquiéter… et des nuages danseurs et de l’incurie – inconsciente ou voulue ? – des responsables de la colonie. Cette dernière sera-t-elle à son tour, vouée à n’être que ruines sur lesquelles s’interrogeront de futurs pionniers ?
Les deux jeunes filles sauront-elles persuader assez d’amis pour les aider à repousser les menaces pesant sur ce micro-climat si fragile ?
Un roman pour la jeunesse qui est à la fois une excellente introduction à la science-fiction et, à ce titre, à nombre de questions qu’elle soulève sur l’environnement, les rapports sociaux et la communication avec d’autres formes de vie. Le tout joliment écrit et donc agréable à lire.

Éditions Médiaspaul
Coll. Jeunesse-pop
ISBN 2-89420-475-2

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