"Les Portes de Doregon" de Carina Rozenfeld

Les Portes de Doregon est paru dans une collection jeunesse : le contrat est donc posé, le public visé n’est pas celui de l’adulte qui a lu/vécu.
J’ai donc ouvert ce volume un peu comme une usurpatrice, parcourant les pages qui ne m’étaient pas destinées…

Mia est une jeune étudiante, peintre, qui reçoit une mission : veiller sur Doregon, un lieu magique qui sert de carrefour à tous les mondes imaginés.
Si Mia peut donc voyager à travers les mondes, son pouvoir lui permet également de voyager dans le temps. La narration est donc coupée en deux : dans la première partie, très courte, on découvre ce qui se passe et, ensuite, tout le reste du roman, on suit ce qui aurait dû se passer si… L’approche est plaisante : les dernières pages sont donc également les premières et le tout se termine par un A suivre puisque, dès le début, on sait que les choses tournent mal quand Mia décide de changer le passé.

En commençant ma lecture, ma première impression a été celle de me retrouver dans un imaginaire très familier : la jeune héroïne a une mission, elle peut voyager dans ses peintures (avant d’apprendre qu’elle doit prendre soin de Doregon, Mia peint ses paysages sans savoir qu’ils existent), elle tombe amoureuse d’un charmant libraire (Josh), le méchant est son terrible demi-frère…
Rien de vraiment original, donc, mais l’action est bien menée dans un univers où l’on trouve facilement ses marques.
Le style est encore « jeune » : les décors et les personnages manquent un peu d’épaisseur. L’amoureux est charmant et protecteur, le méchant est fou et inquiétant, l’histoire d’amour est un coup de foudre…

Je finis donc ma lecture sur une impression mitigée : j’ai lu le tout avec plaisir, j’ai envie de connaître la suite, donc l’ensemble est plutôt réussi, mais quelques fausses notes me font réserver mon jugement pour les prochains tomes. Par exemple, le personnage de Josh : il n’a pas de réelle personnalité et il va passer son temps à développer son rôle de protecteur, comme si Mia était incapable de s’épanouir seule, qualité qu’on attend en général d’une héroïne « à mission ».
Il manque également le « petit truc » original qu’on ne trouve nulle part ailleurs et qui donnerait son cachet à cet univers.

En résumé, malgré les bémols, l’ensemble devrait satisfaire sans souci le lecteur adolescent désireux de s’évader.

Sybille

Couverture : Benjamin Carré
L’Atalante jeunesse
ISBN : 978-2-84172-525-0

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