« Les Royaumes crépusculaires » de Mathieu Gaborit

royaumes crépusculairesUne intégrale qui réunit deux romans, Le Cycle d’Agone et Le Cycle d’Abyme.
Le premier s’attache aux pas d’Agone, fils du baron de Rochronde, qui élevé par son père dans la cruauté et l’assassinat, a refusé son héritage en se vouant à la fraternité Préceptorale pour devenir un Itinérant parcourant les campagnes pour apprendre à lire et écrire aux paysans.
Néanmoins, en dépit ou peut-être en raison même de ce refus, le jeune homme va accepter, malgré sa réticence, de se plier au testament oral laissé par son père. Il ne s’agit après tout que de passer six jours au collège du Souffre-Jour, une mise à l’épreuve, certes, mais qui ne saurait l’empêcher de retourner à sa vocation quoiqu’ait espéré son père.
Mais dans un collège de magie, six jours, ce peut être très long, d’abord parce qu’on s’y retrouve confronté à la malveillance d’élèves qui, eux, n’y sont pas entrés avec un passe-droit. Ensuite parce qu’il est très difficile, et même impossible, de se soustraire à la puissante magie des lieux où règne le crépuscule permanent qu’abritent les branches de l’Arbre.
Deux professeurs accepteront cependant de l’aider, Hurlanc, maître d’armes qui va le doter d’une rapière, Pénombre, dont la fée noire Amertine amènera l’âme au jour, et Mélodène qui lui enseignera l’Accord et lui remettra un cistre. Seulement, il apprendra de Lerschwin le pourquoi de cette aide. Ainsi la vie d’Agone aura-t-elle effectivement été totalement bouleversée à son départ du Souffre-jour et se dirigera-t-il vers Lorgol armé de la seule Pénombre.
Pourra-t-il dès lors se détourner totalement de Rochronde, de son demi-frère Mésume, devenu le nouveau baron, et de sa sœur Ewelf alors même que les ennemis janréniens et keshites sont aux portes de l’Urguemand ? Quand les Liturges se sont croisés pour massacrer les siens ? Quand la magie du Cryptogramme, enfin, n’est plus en mesure de les sauver ? Et comment accepterait-il de devenir un mage obscurantiste quand il lui faudrait torturer son propre danseur puisque des seuls danseurs est issue toute la magie ?
Le second, lui, effleure à peine la magie pour se consacrer plutôt aux démons. Dans la cité d’Abyme, évoquant quelque peu Venise et la Renaissance, Maspalio, farfadet et Prince-voleur, s’est retiré des affaires et vit une tranquille retraite entouré de ses vieux compagnons. Il se trouve seulement qu’une affaire délicate est en cours et que Vladitch, un advocatus diaboli, n’a pas trouvé mieux pour l’obliger à s’y investir que de racheter l’ensemble des obligations prises par le farfadet qui ne saurait les racheter d’un seul coup. On attend de lui qu’il retrouve un opalin, conjuré pour accompagner une noble dame et qui s’est volatilisé au moment de regagner le monde des démons. L’enquête va directement conduire Maspalio vers le conjurateur concerné, qui se cache, étant désormais poursuivi par l’Artificier pour non respect de son contrat.
Mais quel jeu joue exactement ce conjurateur ? De fil en aiguille, Maspalio va découvrir l’affaire sous l’affaire. Mais celle-ci va devenir plus compliquée encore lorsque son plus vieil ami, Hormène, reclus au palais des Gros, va être assassiné et lui accusé de ce meurtre.
Qui est en cause ? Les deux affaires sont-elles reliées ? Cette fois-ci, ce n’est plus seulement la fortune du Prince-voleur mais sa vie qui est en cause.
Il existe d’étranges relations dans la cité d’Abyme et dans celles qu’elle entretient avec les démons.
Deux romans de fantasy se déroulant dans un monde bien particulier qui a inspiré le jeu de rôles Agone et fait l’objet d’un ouvrage illustré Abyme, le guide de la Cité des ombres, également édité chez Mnémos.

Éditions Mnémos – Icares
487 pages – 24 €
ISBN : 978-2-35408-086-0

%d blogueurs aiment cette page :