"Les souterriens – Le monde de Fernando Livre I" de Hervé Thiellement

Ce n’est pas une vie trépidante que d’être un clone parmi d’autres en dépit de guerres, contre les taupes géantes, entrecoupées de haltes dans des troquets accueillants tenus par des lilis ou des jules. C’est pourtant le triste sort qui guette au tournant nos très proches descendants… Notez que la vie sous terre, au bout d’un peu plus de cent générations, on s’y fait, surtout quand, à l’issue d’une guerre atomique qui a balayé l’humanité de la planète, on a été cloné à partir des uniques sujets restants.

Et puis, tout est très au point : quand on naît « tout fini » à 25 ans, avec pour toute mémoire, celle d’un unique « ancêtre » le chemin à suivre est tout tracé. Les fernands seront donc de braves soldats ne se posant pas de questions, les caroles de belles chimistes, les ursules réfléchies, les gastons drôles et ainsi de suite… et tout ce monde-là vivra en paix et en bandes de jumeaux unis par une « télé-empathie »…
Seulement, quand on se retrouve perdu, tout seul, à manger des rats blancs aveugles, on se lasse… D’ici à ce qu’on se demande si, finalement, le monde de la surface ne serait pas devenu habitable, il n’y a qu’un pas que Fernando, ce solitaire fernand-là, va franchir. Pas tout seul d’ailleurs puisque « sa » Caro, une de ces caroles à l’esprit scientifique et rationnel, conquise, va le suivre. Ury aussi, la grande ursule, et Aston, le gaston qui l’adore puis un jules… Ils seront immédiatement suivis de marcels, de lilis, de michèles télépathes, de bernards généticiens et ainsi de suite.
Ce désir de découvrir la surface sera si fort qu’ils oseront franchir le territoire des taupes et y risquer une alliance avant d’émerger dans un monde dont ils n’ont conservé que des souvenirs théoriques.
Ce premier tome du Monde de Fernando, une sympathique utopie « peace and love » placée sous les auspices de la SF, écrite ou plutôt parlée par un spécialiste en génétique, est un « premier roman » dont la trame est bien mince mais qui ne manque pas d’humour… Il faudra néanmoins pour le lire franchir les toutes premières pages d’une entrée en matière un peu plate et, surtout, l’acheter en dépit d’une couverture d’une laideur proprement rédhibitoire dans le trait comme dans la couleur. Que les héros de cette reconquête aient subi des mutations, cela se voit… on aurait aimé que le Programme régissant tous ces clones n’oublie pas les arts graphiques…

— Hélène

Éditions Amalthée – 222 Pages – 18,50 €
ISBN 2-35027-062-9

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