« Les Victimes de l’ombre » de Laurent Noerel

9781770760349_1_75Un très court recueil de huit nouvelles fantastiques dont l’écriture, très poétique, adoucit l’atmosphère angoissante.
Le Hurlement du prédateur nous invite à partager les interrogations et les doutes flottant à la lisière qui sépare le monde des hommes et celui des loups-garou qui sont sans doute moins différents qu’on ne l’imagine. Le style est élégant, mais le passage d’un personnage à l’autre est traité de façon un peu confuse, ce qui est d’autant plus dommage qu’il s’agit de la première nouvelle et de la seule à souffrir de cette faiblesse.
La Douleur des heures anciennes pèse sur les relations de Véronique et de sa fille, Sandra, qui cherchent toutes deux à l’exorciser, l’une par la peinture, l’autre par l’écriture, mais ce sont aussi des prisons dont il est difficile de sortir, même une fois la porte entrouverte.
Les Blessures de nouveau ouvertes ne l’ont certes pas été intentionnellement. Mais comment l’auraient deviné Paul et Irène, qui se sont égarés de nuit sur une route de traverse et n’ont trouvé d’autre refuge contre le froid qu’une maison abandonnée ? Ils n’y passeront pas une nuit de tout repos, tant il est vrai que les maisons abandonnées ne le sont pas toujours autant qu’elles devraient l’être.
Il y a, dans la nouvelle éponyme, Les Victimes de l’ombre, comme un lointain écho de la première mais, changement d’époque oblige, c’est vers un psychiatre que va se tourner Martin pour se libérer des ses rêves terrifiants et sanglants. Cependant, écrire ses rêves et tomber amoureux d’une jeune musicienne, quand interviennent des meurtres en série, sera-t-il suffisant pour ne pas basculer du côté le plus ténébreux ?
Après que tous les magiciens aient été massacrés, il ne reste plus qu’une jeune apprentie, Aldra, pour libérer Les Arbres recouverts par l’ombre. Mais si terrifiant ce que soit, C’est la seule chance de survie des humains. Pendant que les soldats veillent sur les « Protecteurs », et accompagnée de deux volontaires, Spaduro et Chiarluna, elle entrera donc dans la forêt affronter ses redoutables gardiens. Le texte que j’ai préféré et qui relève davantage de la fantasy, fut-elle sombre, que des tourments intérieurs de l’angoisse.
Poursuites. C’est parce que les cauchemars récurrents de Sébastien entraînent chez lui de soudaines flambées de violence que Magalie l’a quitté, sans que l’un ou l’autre en soit heureux. Mais s’agit-il réellement de rêves ? En refusant de se laisser dominer par eux et en consultant un psychiatre, Sébastien a néanmoins fait un premier pas. Peut-être suffisant pour le sauver et, avec lui, ceux qui partagent son fardeau ?
Le Refuge lointain, Marcel pensera le trouver dans la fuite, même s’il ne sait pas très bien quels sont les ennemis qui le poursuivent. Au cours d’une brève halte dans un hôtel, une rencontre avec une jeune femme. Une étreinte rompue par des coups de feu. Sa panique et puis la route encore mais, cette fois, la connaissance et la paix.
Là encore, une rencontre dans un hôtel, sur La Route de la nuit. Vincent, solitaire ne vivant qu’à travers ses rêves et dont les deux seuls amis ont fini par sombrer en laissant une fille à peine adolescente. Nadia, elle, s’est enfuie sans savoir où puisque celui qu’elle aimait l’a quittée. Mais sans doute n’est-ce pas trop de deux pour aider une jeune fille perdue à reprendre pied, quel qu’en soit le prix.
Au final, une lecture, sinon agréable puisque mes goûts ne me portent ni aux récits angoissants ni à la fascination exercée par la mort. Néanmoins, pas déplaisante du tout, ne serait-ce que parce que l’auteur manie parfaitement la langue ce qui, bien trop souvent, ne va pas de soi. À conseiller donc aux lecteurs amateurs de fantastique et d’angoisse.
À noter que l’ouvrage est actuellement en réédition.

Éditions Dédicaces
104 pages
ISBN : 978-1-77076063-2

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