"L’Étoile flamboyante" de Nicolas Bouchard

Gaïa, la planète colonisée par les terriens voici des siècles, devait être tout ce dont on rêvait. Bien sûr, un rêve assez limité géographiquement puisque la seule partie habitable se constituait d’une étroite ceinture isolant le désert brûlant de la face exposée en permanence au soleil et la nuit glacée de la face obscure.
Ce n’est pas le vaisseau qui après avoir amené ces courageux colons et même sympathisé avec son capitaine qui aurait pu en douter alors même que l’IA qui le régissait s’était peu à peu éveillée à la conscience.
Mais, s’il est une constance de l’espèce humaine, c’est bien les dérives auxquelles aboutissent sa soif de pouvoir et sa cupidité.
Ainsi, Gaïa abrite-telle désormais des hommes, puis des sous-hommes, puis d’autres encore, mêlés de qui sait quels gênes, pauvres créatures chimériques traitées en esclaves au service de la race pure.
Ainsi trouve-t-on, tout en haut de cette vaste échelle, les hommes de pouvoir, dont l’égoïste Gwladys Gance, riche héritière orpheline aussi sotte qu’inculte, ferait tout autant le bonheur de notre actuelle presse-people, qu’elle le fait sur ce monde. Il était donc bien imprudent de la part de son tuteur de le lui laisser comprendre si peu que ce soit, alors même qu’en épousant son fils, elle déposerait sa fortune entre ses mains.
Mais c’est qu’à sa majorité, elle voulait prendre connaissance du testament de ses parents. Quelle maladresse de s’opposer formellement à ce qui n’aurait pu être qu’un de ses nombreux caprices !
Pire maladresse encore que de la pousser à l’accident alors qu’elle entendait gagner une course avec son Gynéa, monoplace conçu par ses soins et dont elle tirait tant d’orgueil.
Elle trouvera dans l’épreuve une alliée inattendue. Une « dragonne », pauvre humanoïde du bas de la chaîne, n’ayant pourtant perdu dans ces pitoyables transformations ni l’intelligence, ni la compassion.
Et que dire des Shibos, petites créatures autochtones semblables à des jouets de peluche dont la seule activité connue est un jeu qui se joue avec des cailloux et dont nul ne comprend le sens ? L’une d’entre elles leur viendra aussi en aide et ce ne sera pas de trop lorsque Gwladys aura enfin connaissance de son héritage.
Retrouveront-elles le navire originel où dort l’incroyable secret de leur monde ?
Parviendront-elles à former cette étoile à cinq branches dont dépend leur sort et celui de la planète ?
Beaucoup d’idées, et une parodie qui se rapproche par trop de côtés de ce qu’est devenue notre société pour ne pas l’apprécier à sa valeur. Malheureusement, beaucoup de faiblesses aussi qui auraient pu être évitées et font perdre à ce livre ce qu’il pouvait apporter.
Pour ne citer que « la Blonde ». Appeler systématiquement ainsi, et des pages durant, Gwladis Gance, si blonde, si sotte, si égoïste et si jambes-en-l’air qu’elle puisse être, alors même qu’elle se trouve être une des héroïnes du roman, est d’un parti pris passablement agaçant qu’une relecture attentive aurait évitée.
Il y a vraiment trop de potentialités dans cet ouvrage pour que ce ne soit pas vraiment dommage.

— Hélène

Éditions Mnémos
299 pages – 21 €
ISBN 978-2-35408-060

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