"L’Éveil du roi – Le Cycle de Lahm I" de Chris Debien

Les Terres Tranquilles ont longtemps justifié leur nom sous le règne du roi Adön et de sa reine, Hazel la magnifique, qui avaient su maintenir la paix entre les divers peuples du royaume et estomper les heurts dus à un système de castes qui aurait pu finir par disparaître.
Mais c’est une vérité universelle que le bonheur ne saurait durer. Aussi, la naissance de leur héritier, Luther, va-t-elle enclencher le drame. Toute la compétence de Shania, la sage-femme, si elle a pu sauver l’enfant, ne lui permettra pas de sauver la mère et Adön ne peut s’y résoudre. Son sorcier, le jeune Karän, pourrait sans doute… Il le pourrait, en effet. Seulement, la magie noire et le meurtre de Shania n’aboutiront pas au résultat espéré. Hazel ne vivra que le temps de se volatiliser aux yeux d’Adön en lui reprochant cette survie monstrueuse. Ce n’était qu’un premier malheur. À peine huit ans plus tard, ce remarquable monarque est assassiné, sous les yeux même de son fils. Quelle que soit la sagesse du jeune roi Luther et de nombre de ses conseillers, tel qu’Arax, sorcier consacré à l’Éclat, magie puissante et bienveillante, son rôle ne va pas être facile alors que les forces de l’Obscure, trouvant un appui dans l’ambition dévorante de Karän, s’apprêtent à envahir son royaume.
Après un attentat par deux envoyés Sanguelems, les ennemis de toujours, qui l’a défiguré, il va falloir faire face à une invasion des Hargnes et de leurs monstrueux alliés auxquels une obscure Voix a promis la victoire. Cette Voix même qu’entend Luther et qui tend à lui faire perdre la raison.
On pourrait dire qu’il ne manque pas là d’inventivité et que tous les éléments sont présents : Forces du Mal avec un grand F et un grand M, ennemis ordinaires, amis inattendus. Toutes les loyautés et les trahisons d’usage, sans compter des monstres bien classiques. Mais une « matière » abondante ne fait pas tout, et ce ne sont pas les quelques pincées de sexe, du type cheveux sur de la soupe, qui risqueront d’alléger une sauce peut-être trop riche qui, décidemment, ne prend pas.
À cause de l’écriture ? Le parti-pris de l’auteur de sauter d’un personnage et d’une action à l’autre dans des chapitres très courts, parfois guère plus longs qu’un paragraphe, ôte toute fluidité au déroulement de l’histoire en même temps que le temps de s’attacher aux héros.
Dommage mais, puisqu’il s’agit d’un premier roman, d’ailleurs précédemment publié sous le titre de Cycle de Khëradön, on peut espérer qu’il en ira comme chez certains « grands anciens » dont on n’aurait pas donné dix sous au départ.

— Hélène

Éditions J’ai Lu
316 pages – 6,70€
ISBN : 978-2-290-00291-7

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