« Mémoris » d’Élodie Tirel

memorisElle court. Elle court parce qu’elle sait qu’elle doit fuir ses poursuivants ou mourir. Mais qui sont-ils et pourquoi ? Elle n’en sait rien, juste qu’elle doit courir. Et puis, la chance. Dans ces immenses couloirs, enfin une porte. En train de se refermer sur une pièce. Juste le temps de s’y glisser puis de menacer l’homme qui s’y trouvait, car elle est armée en fin de compte. Il était temps car, déjà, ils vont forcer l’entrée.
Là encore, une chance. Sous la menace ou juste par sympathie, ce sauveur providentiel, Éthan, va lui permettre de rester cachée.
Peut-être est-il simplement curieux de cette inconnue surgie si bizarrement dans sa vie, ou séduit, qui sait ?
Et puisque, hormis la nécessité impérative de fuir, elle ne se souvient de rien, même pas de son prénom, elle adoptera celui de Sam, diminutif de l’île artificielle pour vacanciers, Samildria, sur laquelle elle se retrouve sans avoir jamais su y être venue.
Mais Éthan va s’avérer plus précieux qu’elle ne l’espérait en lui permettant de s’en échapper grâce à un déguisement et une nano-puce, certainement obtenue illégalement, mais qui va procurer une identité d’emprunt à la jeune femme.
De retour chez lui, il leur sera désormais possible de mener une enquête approfondie sur le passé réel de Sam et ce pour quoi elle est poursuivie.
Et, de ce que lui apprend Nao, l’ordinateur exceptionnel et très personnalisé d’Éthan, il se confirme que Sam se nommerait Avel et serait tout à la fois l’épouse et la complice d’un monstrueux criminel. L’un et l’autre affectés au Centre de recherche sur le cerveau dirigé par le professeur David, et ayant contribué au projet Mémoris.
Mais être enfermée entre quatre murs n’est jamais une bonne solution, d’autant que, même si elle s’est éprise de lui, la sollicitude étouffante d’Éthan et ses rares mais surprenantes sautes d’humeur rendent difficile la poursuite d’une véritable enquête.
Pourtant, les quelques sorties qu’elle va se permettre, en la confrontant à un autre poursuivant, vont vite lui faire comprendre qu’elle n’a jamais semé ceux qui la recherchaient.
Une recherche jalonnée d’assassinats qui ne réussiront pourtant pas à la décourager. À raison. Ce qui lui permettra de retrouver enfin tout ce qu’il y avait à savoir de son passé. Et, à nous, qui lisions cette histoire de fuite éperdue se transformant presque en bluette, avant de nous interroger sur la crédulité, décidément bien extraordinaire, de l’héroïne, d’en découvrir les motifs dans une chute tout à fait inattendue.
Un roman flirtant avec le thriller dans un futur suffisamment proche pour y projeter les interrogations et les craintes du présent : dérives de la recherche génétique, clonage, alimentation artificielle, fichage des individus, accaparement des ressources… Le tout sous forme d’un agréable moment de lecture.

Éditions Michel Quintin
495 pages – 15,90 €
ISBN : 978-2-89435-671-5

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