« Mensonges au vif-argent – Garrett, détective privé » de Glen Cook

livre-mensonges-au-vif-argent-356-7On retrouve dans ce septième livre des aventures de Garett ce qui fait tout l’attrait de la série. Cette impression que l’auteur de la Compagnie noire, tellement plus sérieuse, se laisse aller à s’amuser.
D’abord parce que son héros n’en est pas vraiment un sans être non plus un anti-héros. Détective privé buveur de bière, soupe-au-lait mais fleur-bleue, prêt à s’emballer pour le premier jupon qui passe et choisissant les mésaventures les plus démentes pour y sauter à pieds joints… genre Eddie Constantine jouant Lemmy Caution, ce qui ne rajeunit personne.
En clair un macho pour rire.
Cette fois-ci, on ne pourra reprocher à Garett d’avoir négligé les conseils de l’homme-mort qui restera tranquillement à prendre la poussière en laissant son logeur se débrouiller seul. Sans doute pas totalement seul entre le portrait d’Elanor, un brin philosophe, et Jo-le-piaf, ce maudit oiseau qui jure comme un charretier, mais pas aidé en tout cas. Même Dean, le cuisinier-homme à tout faire, s’est lui aussi momentanément défilé en province.
Alors quand une ancienne maîtresse de l’ancien roi lui demande de l’aide, comment pourrait-il la refuser ? Ne serait-ce que parce qu’elle est jolie et rousse naturellement. Quand on est un personnage de clichés, on ne va pas mégoter sur le cliché. D’ailleurs, il s’agit d’une mère éplorée, en principe, parce que la déploration est assez limitée tout de même mais, bon, sa fille a disparu. Qui sait ce qu’elle est devenue avec ses relations calamiteuses ?
Et comme si cela n’était pas une tâche suffisante, Linda Lee Luther, la jolie petite bibliothécaire brune a laissé piquer un livre rare qu’il lui est indispensable de retrouver.
D’abord, comme d’habitude, rechercher des informations auprès de Morlet Dotes, l’éternelle ressource. Rien de mieux qu’une taverne tenue par un truand doublé d’un assassin gourmet et végétarien pour rendre un quartier presque fréquentable. Encore que les informations de Rafale auraient sans doute mieux valu mais peut-on se fier à une femme-de-main jalouse, surtout quand on est persuadé qu’on est un détective des plus malins.
C’est comme ça qu’on se retrouve dans un asile d’aliénés où officie une ravissante blonde. Ce sera une autre paire de manches d’en sortir.
Entre magiciens, livres dangereux, centaures renégats et toute la faune interlope de Tonnefaire, Garett est à son affaire même si, cette fois encore, il peut davantage en remercier sa chance que sa perspicacité.
Pas de la littérature avec un grand L mais beaucoup d’humour ; une lecture drôle d’autant plus distrayante qu’il s’y glisse un brin d’observation bienveillante du monde.

Éditions L’Atalante
316 pages – 16 €
ISBN : 978-284172646-2

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