"Phaos" d’Alain Bergeron

Phaos est l’intelligence artificielle, le « psystème » le plus puissant jamais conçu. Produit à grands frais par Thor Corp, le plus grand congrégat de la planète, il est sous haute surveillance. Il sera pourtant saboté. Par qui et pourquoi ?

Là commence une intrigue complexe dans un monde qui n’est plus dirigé par des nations, mais par des congrégats d’entreprises en rivalité perpétuelle. La société y dépend en grande partie du réseau de communication entre psystèmes, équivalent futuriste d’Internet dont les puissants congrégats rêvent de prendre le contrôle.
Phaos est un roman en toile d’araignée. Il n’y a pas une intrigue mais plusieurs, qui se croisent sans cesse pour former le dessin général. Il n’y a pas de personnage principal, car sur la foule d’acteurs de ce récit aucun ne prend vraiment le pas sur les autres. Il n’est pas facile de réussir une telle fresque sans embrouiller complètement le lecteur, et ce défi a été relevé avec succès par Alain Bergeron.
On regrettera cependant des défauts liés à la structure même du récit : les personnages manquent terriblement de consistance et la narration traîne en longueur, se perdant dans de nombreux tours et détours, surtout dans la deuxième partie. Les thèmes liés à l’intelligence artificielle, aux réseaux d’information et aux multinationales ne sont pas non plus les plus originaux qui soient.
On prend tout de même plaisir à s’immerger dans l’univers de Bergeron, qui nous entraîne avec un style fluide dans ses visions poétiques, telles que l’épopée du « fouilleur de lumière » ou encore le domaine fantasmagorique de la légendaire créatrice de Phaos.
Ce roman est issu de la nouvelle « L’homme qui fouillait la lumière », parue dans le recueil Corps-machines et rêves d’anges. Il a reçu les prix Boréal, Aurora, et le grand prix de la science-fiction et du fantastique québécois.

— Livia G.

Éditions Alire

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