"Rédemption" de Philippe Halvick

C’est le héros d’un précédent roman, Chrysalide, qu’Halvick remet ici en scène et pour notre plus grand plaisir. Il faut bien dire qu’Anan Ké, dont le nom seul se pose un peu là, fait partie de ces personnages dont la relative malchance enchante nos petits instincts sadiques soigneusement refoulés.

Qu’Anan Ké, dont la malhonnêteté n’a d’égale que la candeur, se fasse rouler une nouvelle fois par un trafiquant n’étonnera donc personne. Qu’il se retrouve donc sans attendre à tuer en série pour sauver sa vie et, partant, perdu auprès d’une épave de vaisseau sur une planète inconnue et inhospitalière va de soi. De toute manière, même si de trois planètes proches, Purgatoire ne porte pas un nom bien encourageant, aucune chance pour le malheureux de se retrouver sur Eden. Rédemption va donc faire l’affaire. En fait, le nom d’Enfer aurait mieux convenu. Des rochers pelés, du désert, rien pour se cacher. Des jours de chaleur brûlante, des nuits glaciales, enfin toutes les conditions idéales pour s’enfuir et mourir de soif et de faim quand on n’a rien emporté.

Heureusement, par un petit brin de chance pour souligner tant de malchance, il y a une petite mare d’eau au pied de montagnes salvatrices. Il y a même un cadavre auprès, tout prêt à vous céder quelques réserves de nourriture et ses habits. Une soutane et des sandales, comme le souligne la sobre illustration de Maz pour la couverture, ce n’est pas vraiment idéal pour voyager incognito mais, quand on n’a pas le choix… Inconvénient majeur, on ne risque surtout pas de passer inaperçu auprès de la bande d’orphelins dont le macchabée avait la charge et qu’il va d’abord falloir convaincre de son innocence dans ce meurtre. Ensuite, va surgir le délicat problème de comment s’en débarrasser ; puis de savoir s’il est vraiment pertinent de s’en débarrasser.

Quoique… il arrive que les choix s’imposent d’eux-mêmes… sous la forme des malabars qui ont trucidé le prêtre et surveillent scrupuleusement leur précieux dépôt de marchandises. Reste donc à reprendre le flambeau d’une mission fort charitable en conduisant ces pauvres enfants au monastère où ils sont attendus…

Je vous laisse le plaisir d’en découvrir les vertueux personnages…

Bref, un roman qui ne le cède en rien aux précédents pour l’amusement tout en évitant avec bonheur ces deux écueils sur lesquels bute bien souvent l’humour français, la niaiserie ou la grossièreté.

À lire donc, juste pour rire…

— Hélène

Éditions Quid Novi ?
257 pages – 19 €
ISBN : 2-9522586-3-5

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