"Si l’oiseau meurt" de Francine Pelletier

Francine Pelletier nous amène ici à découvrir Manu, Emmanuel Rose, en même temps qu’il se découvre lui-même.

Le temps de l’enfance heureuse va lui être très court car, même s’il joue avec joie avec le petit Paul, c’est sous la constante surveillance d’un médicaide et celle, virtuelle, de la docteure Gurtu, puisque, à tout moment, il peut faire une crise. Manu, lui, n’a plus douze ans, c’est un jeune homme, même s’il ne perçoit pas la pleine signification des messages que lui adresse son corps lorsque Marthe, la grande sœur de Paul, l’entoure de ses bras consolants. Sa santé est fragile aussi, même s’il ne sait de quoi il souffre exactement.
Il a été gravement malade et, s’il se sent à l’abri en vivant avec eux dans la famille du docteur Laganière, il a parfois des flashs bien effrayants. Il retrouvera sa mémoire, l’assure-t-on. Mais après une courte incursion buissonnière dans le « Monde », habituel mais tout à fait virtuel, où l’embarquera Paul, il va s’attacher de toutes ses forces à retrouver cette mémoire.
Un oiseau blessé qu’il va recueillir lui sera un premier choc : il ne s’agit pas d’une espèce de la Terre ! Il n’est pas évident de se savoir issu d’un caisson de cryogénisation et dernier survivant d’une épave spatiale. Malgré tout, l’affection de sa famille d’adoption et l’irrépressible besoin d’aider qu’il va se découvrir alors vont le pousser, à son tour, vers des études médicales qui feront de lui un sauveteur.
Ainsi va-t-il épouser Marthe et pourrait-il être heureux. Mais les souvenirs affluent et ce sont d’affreux souvenirs. Il va donc chercher à s’éloigner, le plus possible, mais sera pourtant rattrapé par son passé.
Voici une écriture bien inhabituelle, très dure, mais aussi une très fine variation sur l’inné et l’acquis qui ne manque assurément pas d’intérêt.

— Hélène

Éditions Alire
337 pages
ISBN 9-782896-150205