Solaris n°170

Après un petit éditorial ironique de Joël Champetier supputant les sommes qui pourraient être investies dans la culture pour relancer l’économie (de la pure science-fiction donc), entrée dans le vif du sujet avec Le Boucher de Nicolas Weinberg. Un contre cruel dans le passé, le froid et la faim qui font voir aux hommes des choses qui n’existent pas mais endorment leur méfiance sur celles qui existent. Deux pauvres hères frigorifiés et affamés qui auront eu le tort de s’arrêter dans une auberge où ils vont croiser le boucher, un habitué des lieux.
Grains de silice de Mario Teissier est une nouvelle si curieusement construite qu’elle vous ouvrira une vue tout à fait nouvelle sur le space-opera en format de poche.
Dans La règle des tiers, François Lévesque vous invite à découvrir comment un enseignant passionnément pris par son métier, la mécanique quantique, peut considérer sa vie comme une équation et, malheureusement, ceux qui l’aiment comme des variables négligeables.
André Dumaine, lui, nous promène dans le quartier d’Hoenzolam où le narrateur, juriste, accompagne sa maîtresse. Dans ce quartier, en marge de la cité de Brémuge, sont relégués tous ceux qu’il est convenu d’appeler marginaux, ou artistes, ou prostituées, ou… On pourrait croire que cette visite guidée, et avec une femme dessinatrice de mode, lui serait une heureuse parenthèse, l’occasion d’ouvrir un tout petit peu les yeux sur ses préjugés. Oui, on pourrait le croire…
Dans Comme des nuages dans un ciel d’été, Georges Boulevard rappelle, par la bouche d’un Moine droit sorti d’un temple japonais et plus ou moins clochardisé la force de la vie dans un monde dévasté par la pollution. Même si cette vie passe par l’étrange voie de fillettes jumelles issues d’une mère-clone génétiquement modifiée – à la conscience trop vaste pour ne pas l’étouffer – qui s’est arrêtée quelques temps auprès de ce « moine » qui lui est si semblable.
La jolie fille de Pol Pot de Geoff Ryman nous fait découvrir les voies étranges par lesquelles Sith, va devoir exorciser un passé, qui n’est même pas le sien, mais dont elle porte tout le poids, simplement parce qu’elle est la fille de son père. Il y a tant de fantômes douloureux à consoler.
Suit un article de Mario Teissier Sous des cieux étranger : étoiles en science-fiction parce que, même si l’auteur le regrette, au moins autant que moi, la pollution lumineuse des villes nous a fait oublier la splendeur des cieux étoilés. Cet émerveillement qui pourtant reste une des sources majeures de la science-fiction avec ses étoiles errantes, celles qui sont doubles, ou explosent ou créent ces merveilleux trous noirs qui retiennent sans doute la lumière mais sont aussi la source de tant d’inspiration.
Après un large balayage sur Les rayons de l’imaginaire, Pascale Raud nous tente avec une large liste des livres actuellement disponibles auxquels elle attribue un genre, provisoire, destiné à nous faciliter un peu le choix.
Enfin, Les littéranautes nous font part de leurs propres choix ou déplaisirs avec des critiques bien étoffées.
Une saine lecture, donc, même si, personnellement, je reste totalement hermétique à certaines nouvelles comme La règle des tiers ou Hoenzolam.

— Hélène

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