Solaris n°180

180Un éditorial tout d’abord qui, via Norbert Spehner, nous ramène aux tout premiers balbutiements de Solaris quand elle n’était encore qu’un modeste fanzine baptisé Requiem. Puis un historique des dernières années, depuis le très symbolique An 2000 jusqu’à maintenant, dans lequel Joël Champetier évoque les changements importants de la revue et de son équipe avant que Jean Pettigrew ne joue malicieusement les voyants en évoquant l’avenir proche… et souhaité.
La nouvelle qui suit, lauréate du Prix Solaris 2011, est Le Substitut de Josée Lepire. Daniné, qui a déjà porté quatre enfants pour l’État, n’a qu’un unique désir, émigrer. Seulement, Riko, son dernier enfant qui n’a pas encore cinq ans, est malade. Il ne pourra pas voyager alors même que ce n’est que grâce à lui qu’elle a obtenu son billet, seuls les adultes accompagnés de leur enfant pouvant émigrer. Et il n’est pas question de renoncer. Maxine, une amie, l’a donc donc aiguillée vers une vieille femme en marge de l’illégalité qui pourrait l’aider à tromper le contrôle médical…
Suit Qui êtes-vous, Ekaterina Eulenburg ? d’Alain Bergeron, ma préférée. Pour obéir au Camarade Josef Benito, le jeune capitaine Fedor Ramesay, du Commissariat à la Reconstruction, s’est rendu sur Octobre. Une planète de froid et de neige. Ses ordres ? Retrouver Ekaterina Eulenburg dans ce camp de réfugiés parqués dans de misérables tentes entourées de barbelés. Mais comment reconnaître cette femme qu’il n’a jamais vue et doit ramener au Shagrall qui la recherche ? Il lui sera facile de démasquer celle qui se présentera sous ce nom, mais ensuite ? Je vous laisse le plaisir de le découvrir.
Dans Lettre à mon arrière-grand-père, Mario Tessier nous fait part des réflexions intimes d’Anton Hibert par le biais d’une lettre que celui-ci adresse à son aïeul, selon la tradition familiale. Au cours de milliers d’années, l’espèce humaine a évolué vers son propre destin, mais, lui, eux, tous les descendants du premier Anton Hibert, s’en sont dissociés. Ils sont restés les ultimes représentants de l’humanité de Vieille Terre, émigrés à travers l’espace. Une destinée lourde à porter.
Greg Waverly, d’Yves Meynard, est une fiction littéraire au sens littéral, peut-on dire. Vraiment plaisante. Sans qu’il sache vraiment par quel biais, Dean Fenmore, grand amateur de livres, s’est aperçu un jour de l’envahissement de sa bibliothèque, ou plutôt de ses livres, par un certain Greg Waverly. Coïncidences ? Déjà-vu ? Impossible d’attribuer au hasard l’apparition de ce nom dans divers livres, surtout ceux déjà lus. Puis des ouvrages de cet auteur. Dès lors, Dean va mener une traque méthodique de ces apparitions…
La Petite brune aux yeux verts d’Hugues Morin, elle, relève d’un tout autre genre. Elle s’appelle Laurie, et c’est la petite amie de « ZL ». Drôle de surnom affectueux même s’il est vrai que se sont les initiales de son nom. Et lui-même est également bien particulier. Non parce qu’il aime s’installer à lire tranquillement dans un coin de librairie selon son cœur, non. Simplement parce qu’il a fini par remarquer depuis quelques temps que lui viennent des presciences bizarres : le nombre de billets d’une liasse qu’il n’a pas encore comptée, le coup de fil qui va sonner… Mais, finalement, pas de hasard, jamais.
C’est L’Amour au temps des chimères d’Élisabeth Vonarburg qui clôt le recueil. Devant le Grand Aquarium qui a remplacé le Dôme aux colibris, les badauds attendent la sirène qui va apparaître. Mais quelle sirène ? Aucune n’est prévue au programme. Pourtant Djani la sirène se montrera peut-être. Peut-être pas ? Difficile la vie d’un métame, un mutant androgyne qui passe d’une forme humaine à une autre ou pas tout à fait. Mais moins difficile peut-être que celle des hybrides d’Artefact et d’humain mais l’amour existe aussi pour les chimères.
On retrouve enfin, avec plaisir, la rubrique Lectures qui est toujours celle des tentations et Les Carnets du futurible, que Mario Tessier consacre, cette fois-ci à L’Hypothèse Sapir-Whorf « ou c’est double plus bon en SF ». Comme toujours une mine de savoir à propos, ici, du principe de relativité linguistique et, entre autres, de ses apports au monde de la SF.

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