Solaris n°183

solaris183-2012Joël Champetier, tout en nous présentant les lauréats des prix remis lors du Congrès Boréal, avec en tête Jean-Louis Trudel dont la nouvelle primée figure dans ce recueil, évoque également un bruyant charivari de casseroles mené par la jeunesse québécoise pour défendre le savoir. Hommage involontaire et imprévu au Fahrenheit 451 dont l’auteur s’est éteint assez récemment ?
Le jardin des derniers humains de Trudel. En arrivant dans cette petite gare italienne, petite enclave protégée entre Gênes et La Spezia, Rufus Boyko s’apprête à exercer son art : ériger comme il l’a déjà fait dans de nombreux pays, une sculpture monumentale destinée à commémorer l’avancée de la destruction environnementale du monde. Mais une mauvaise surprise l’attend, la propriétaire du terrain qu’il a pressenti ne veut pas de ce mémorial chez elle.
Petit Poucet en salade de Geneviève F. Goulet est juste un petit rappel humoristique de ce que sont les ogres et, incidemment, de « ce que ce sont les esclaves qui font les tyrans ».
Le Disséminateur de Philippe-Aubert Côté, pour se rappeler que l’espèce humaine n’est qu’une des espèces qui ont peuplé notre planète et que sa durée pourrait être plus brève que d’autres.
L’Étrange cas du 234, Joseph-Bouchette. Va savoir ce qui peut se passer lorsqu’une bande d’adolescent sse réunit pour jouer du rock metal, boire et fumer. Il semble que la « musique du démon » n’a pas toujours les effets attendus. En tout cas, tous les participants de la soirée s’en souviendront. Enfin, non, ils ne s’en souviendront pas, sauf d’avoir vécu un cauchemar. Rêve ou réalité, that is a question mais pas vraiment transcendante à mes yeux.
Les Amants liquides de Romain Benassaya, destinés aux amateurs de curiosités, sont ceux qui auront choisi de le devenir. Sur une planète dont les habitants ont élevé l’érotisme au rang de priorité absolue. Sans doute était-ce la seule destination possible pour Emerick, poète qui, pour éprouver de nouvelles sensations, avait décidé de faire implanter sa personnalité, via une puce électronique, dans le corps d’un mollusque assez peu ragoûtant aux yeux des cinq sexes qu’il côtoyait.
Les Dieux pure laine de Luc Dagenais n’ont pas réussi à m’intéresser, du tout. Pourtant, tout était là. Les anciens dieux que notre monde avait réduits à la maison de retraite. La vieille fileuse du destin et les ruses pour la contrarier. L’éternel retour de la création. Mais, à la mode québécoise, la sauce ne prend pas ou n’est pas appropriée au plat.
Une parfaite correspondance de Steve Stanton… c’est ce que cherchent Ryin et Shyla Clearly dans un monde où il est devenu courant de vendre ses cheveux, ses yeux, ses organes pour vivre. Il reste pourtant une menue ressource à Shyla, ses peintures, que lui achète Tobias, un marchand d’art adipeux, mais jusqu’à quand ? Tout à la fois terrifiant et, d’une certaine manière, très poétique.
Quant aux articles de fond, ils sont, comme d’habitude, très à la hauteur. Dans le cadre de la science-fiction et de l’anthropologie, Martin Hébert, dans Des origines aux livres-univers, détaille par le menu et à travers de nombreux exemples (Lucien de Samosate, l’Arioste,Tolkien, Dune, la Stratégie Ender entre autres illustres références) le parallèle de fait entre les sciences sociales et les littératures de l’imaginaire.
Mario Tessier consacre, lui, ses Carnets du Futurible au Thérémine ou la première musique électronique. Théorie, applications et science-fiction, of course et tout l’intérêt qui va avec.
Suivent les rubriques habituelles, Les Littéranautes et Lectures, qui nous font faire un petit tour sur les récentes sorties en librairie.

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