Solaris n°184

solaris184Puisque ce numéro est dédié à la mémoire d’Isaac Asimov, décédé voici vingt ans, le moins était de l’ouvrir par un hommage tout personnel dû à la plume de Francine Pelletier, Le Cimetière des amours passées. Elle y évoque avec quelque nostalgie sa première rencontre : Les Cavernes d’acier et ses ordinateurs, tels qu’on les concevait dans les années Cinquante. Mais elle souligne essentiellement l’imagination d’Asimov, bien propre à provoquer la réflexion des lecteurs même si ses conceptions du rôle de la femme ou d’une société idéale, par exemple, marquent une époque totalement révolue. Mais quel auteur de SF pourra se flatter d’y échapper ?
Suivent sept nouvelles auxquelles les robots servent de fil conducteur, c’est bien le moins.
Les Aurores à venir d’Alain Bergeron ne sont sans doute pas si lointaines que cela. C’est à espérer puisque, déjà, le remarquable docteur Hary Thoren, placé par la Fédération universelle à la tête du plan Terre-à-neuf, a été capable de stopper la détérioration de notre planète. C’était la dernière chance mais l’appui des meilleurs scientifiques du temps et d’un budget à la hauteur permettent maintenant d’envisager un nouveau bon en avant. Rosemonde Jacobi, dont l’entreprise pharmaceutique a fait fortune en le suivant, pourrait investir encore mais pas sans s’assurer d’abord du sérieux du projet. Ce qu’il ne faut pas faire pour la science !
Dans les bras de Murphy de Nando Michaud, une amusante variation des bras de Morphée. Au bout d’un contrat de deux ans d’ennui intense, on peut comprendre que, fortune faite, on souhaite rentrer sur terre par téléportation plutôt qu’effectuer six mois de voyage avant de revoir sa fiancée. Drôle bien que la chute ne soit guère inattendue.
i-Robot d’Hugues Morin, où Dan Oliver s’avérera bien indispensable à la mise au point de l’i.robot 8, mais certainement pas comme il l’avait prévu, et nous non plus. De l’avantage de la prévision dans le temps. Un texte très fin.
La Race des seigneurs, de Jean-Louis Trudel, sera approchée de très près par le journaliste Lynas Marois, mais, en fin de compte, ce qu’il apprendra de vraiment intéressant sur ses représentants ne lui permettra pas de faire le papier dont il avait rêvé, il le paierait trop cher même si, en fin de compte il peut en tirer un article intéressant. Du coup, ce petit plus manque aussi aussi au lecteur.
Le Nom de Michel Lamontagne, est celui qui permet d’ouvrir la conscience. Quoi de plus important pour des robots dotés d’un cerveau positronique et pétris des trois lois de la robotique lorsqu’ils décident de recréer l’espèce humaine qui s’est éteinte voici des milliers d’années. Compte-tenu de l’état dans lequel ils avaient laissé la planète, il faudra les créer plus résistants, voire assez différents, mais cela suffira-t-il ?
Le Fantôme dans le mécha de Philippe-Aubert Côté nous conduit dans un lointain futur. Dans le monde d’Anachéron, robots et humains avaient vécu ensemble avant la disparition de ces derniers. N’en restent que d’antiques statues décoratives propres à un décor de jeu pour adolescents. Mais, avec l’âge adulte viennent les devoirs. Quand Néolème et Théo, rappelés par leur co-géniteur, le centaure Polychirès, rencontreront à nouveau Rhupan, le tenma, ce sera dans le cadre d’une ambassade des Neiji venu demander la protection de l’empire de l’Octant. Mais est-ce le vrai motif de leur rappel ? Une histoire d’amitié mise à l’épreuve, avec une certaine poésie et une imagination à la hauteur.
L’Apothéose de Mario Teissier est celle qui couronnera, pas moins, la toute dernière apparition holographique d’Hari Seldon, à l’occasion des mille ans de l’Ère de la Fondation et du Jubilé de diamant de son impératrice. Cela méritait bien un traitement tout particulier.
Une de mes préférées qui s’enchaîne tout naturellement avec la rubrique des Carnets du Futurible, du même, sous le titre cette fois de La Psychohistoire ou j’avais prévu que vous liriez cette chronique… Et comment en effet ne pas la lire ? Lecture si érudite et pleine d’humour qu’elle est, forcément, indispensable.
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