Solaris n°188

solaris188Six nouvelles pour ce numéro dont la première, Vortex, due à Dave Côté est joliment illustrée par Laurine Spehner. Histoire de mondes parallèles qui permettra à Lyra de découvrir moins ce qui est de l’autre côté que ce qu’elle avait enfoui en elle-même.
On ne badine pas avec Le Ministère des Affaires sacrées de Claude Lalumière. Non seulement Léo et Rosa ont perdu leur fils qui, n’ayant pas respecté le couvre-feu, aurait été tué par les gobelins mais à peine Léo ose-t-il fréquenter leur voisin. Les deux hommes aiment la musique mais ils sont obligés de se fréquenter en cachette car Ali fait partie des saints érudits, de ceux capables d’animer des golems. C’est être condamné d’avance…
Avec Kto ? (Qui?), Serena Gentilhomme évoque un spectre que la vieille aristocratie russe voudrait tellement occulter. Elle y arrive presque mais jamais à cette date anniversaire du 25 octobre.
NoFuture (ou l’Apocalypse selon Johnny Rotten) d’Anthelme Hauchecorne livre le testament du dernier punk, à moins que ce ne soit celui d’un des premiers zombies car l’Apocalypse, si elle a bien eu lieu fin 2012, ne faisait en réalité que commencer.
Avec Dérives au bord de minuit, Ariane Gélinas accompagne dans la forêt Javier, le chasseur de Ciego. Des êtres de brume, peut-être des oiseaux. Ceux qui peuplent cette nouvelle planète où se sont installés des hommes et qui aident à les guérir. Une aide en vérité ? Rien n’est moins sûr malgré leurs voix merveilleuse car il y a bien trop de morts dans le village de Javier.
La dernière nouvelle, la meilleure du recueil, est due à Philippe-Aubert Côté. La Carte ou la boussole, ce sera au choix de Mika, la jeune humaine adoptée par Jiroh, le moloch. Parce que le vaisseau-anima de ce dernier, après avoir recueilli une épave dans l’espace, a été attaqué par des ennemis disposés à la récupérer. Parce que, même en rêvant de devenir une moloque, la jeune fille ne peut se défendre d’empathie avec la gracieuse dame naufragée.
Sous le titre Les Allumeurs d’étoiles, Jean-Pierre Laigle s’attache à un des thèmes courants de la science-fiction, sous-tendu par un fond de cette terreur primitive, la mort prévisible de notre soleil. Entre métaphore prométhéenne et glorification de l’homme quasi-divinisé créateur de lumière. Un tour très complet de la littérature et du cinéma depuis les précurseurs jusqu’aux plus modernes en passant par ceux qui sont désormais des classiques.
Une étude non moins intéressante que celles auxquelles nous a habitués Mario Tessier qui en profite cette fois pour présenter ses Carnet du Futurible sous forme de petite enquête policière parodique – Le Grand sommeil du faucon martien ou qui a tué la science-fiction – menée par Spam Sade chargé de retrouver le novum par la jeune Esse Effe.
On trouvera à la rubrique Sci-néma de Christian Sauvé, une saine critique des films et séries récents. Et tout n’est pas, heureusement, à la mode hollywoodienne, surabondance d’effets spéciaux masquant les faiblesses de scénarios.
Comme à l’accoutumée, Les Littéranautes et Lectures font le point sur les derniers livres sortis et la moisson y est, cette fois, particulièrement abondante.

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