« Sous le Souffle de mistral – Merry Gentry V » de Laurell K. Hamilton

Sous+le+souffle+de+mistralAprès avoir lu le tome I de Merry Gentry, je suis directement passé au tome V. Assez incroyablement, l’intrigue est toujours la même et n’a pas progressé d’un pouce. Merry deviendra reine à la place de la reine mère si elle a un enfant avant son cousin félon. Elle est donc toujours entourée de ses prétendants qui se la tapent à tour de rôle. Les cent premières pages du Souffle de Mistral tiennent d’ailleurs davantage de la description d’une trop longue partie fine qu’à un début de roman fantasy.
C’est très bizarre : le contenu de ce tome n’est jamais à la hauteur de la très belle écriture de Laurell K. Hamilton. L’écrivaine a, comme nombre d’auteurs actuels, un talent fou pour brasser de l’air et impeccablement emballer trois cents pages de néant quasi absolu.
Inutile de préciser qu’on s’ennuie ferme ici. On attend avec une sinistre impatience le mot fin ! Et pourtant, la première aventure de la belle nous avait laissé un bon souvenir dans le genre roman fantastico-érotique. Il était même d’une belle créativité sexuelle.
Pour les amateur(e)s, on retrouve ici l’amant à tentacules de Merry Gentry, un personnage intéressant qui évoque un peu le Schastar adoré de la sexy Druuna, la fameuse héroïne de la science-fiction érotique de Paolo Eleuteri Serpieri.
Pour les plus braves qui résisteront à l’envie de reposer le bouquin après cinquante pages, signalons aussi la fin avec un monstre lovecraftien sympa – mais un peu décevante quand même.
Merry Gentry est-elle l’héroïne d’un seul (bon) livre ? Difficile à dire honnêtement sans lire tous les romans de la série, un défi qui serait hélas encore plus difficile à relever pour moi.
Une bonne critique se doit de lister les défauts, certes, mais aussi toutes les qualités d’une œuvre. Ici, et malheureusement, rien à signaler de marquant à part l’esthétique générale des scènes sensuelles et fantastiques servie par une plume vraiment très belle.
Peut-être au fond que Hamilton gagnerait à écrire des nouvelles (on vient justement
de sortir un recueil d’Anita Blake qui appartient à ce genre)… ou à trouver un bon scénariste qui lui permettrait de raconter une vraie histoire.
Dans un film comme dans un livre, l’écriture ou la mise en scène ne sauveront presque jamais une histoire vide d’intérêt.

Éditions J’Ai lu
ISBN : 978-2-290-02423-2

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