« Torche de la liberté I et II » de David Weber et Éric Flint

torche1Ces deux volumes, s’ils relèvent toujours de l’univers d’Honor Harrington, font suite à La Couronne des esclaves. De la même façon, ils éclairent et approfondissent les évènements se déroulant en parallèle dans Coûte que coûte.
Le premier débute d’ailleurs dans le bureau d’Oravil Barregos, gouverneur du secteur de Maya, lors d’un entretien avec le contre-amiral Luis Roszak. S’il concerne, a priori, le cheminement risqué du premier vers un accroissement de pouvoir, il préfigure déjà ce que seront les décisions des deux hommes envers Torche.
C’est en direct que nous assistons cette fois à l’attentat dirigé contre Berry, la reine de Torche mais, faut-il en rendre grâce à Éric Flint, co-auteur du roman avec David Weber, les grandes stratégies s’estompent un peu au profit d’intrigues plus fines. Plus humaines.
Du côté de Mesa, entre autres. Herlander Simões, chef de projet au centre Gamma et spécialiste en astrophysique, aurait pu, par exemple, continuer tranquillement son travail en attendant une autorisation de procréation. Mais le Conseil en a décidé autrement en lui confiant une fillette d’une lignée Alpha. De petits génies mathématiques qui s’éteignent rapidement dans une sorte d’autisme et qui, peut-être, pourraient se développer au sein d’une famille affectueuse autant que matheuse. L’attachement qu’Herlander nourrira envers l’enfant sera un petit accroc à la toile mésane.torche2
Ainsi, lorsqu’Anton Zilwicky et Victor Cachat, dont les missions coïncident cette fois, se rendront tous deux au cœur même de la place ennemie, il leur suffira de tirer doucement sur le fil.
Ils y seront aidés en particulier par de nouveaux personnages inattendus et plutôt sympathiques dans l’ensemble. Qui se douterait d’une planète entièrement consacrée aux fêtes foraines tenue par une famille vivant en autarcie sous la férule d’une féroce et astucieuse grand-mère, Elfriede Margarete Butry dite El Granny ? On n’y craint guère, et encore, que les trafiquants d’esclaves… mais il se trouve que le Corps d’Études Biologiques de Béowulf, pudique appellation d’un commando d’élite affecté au nettoyage de certains secteurs, a décidé de s’y intéresser.
Un premier tome pour mettre en place personnages et intrigues.
Un second tome vraiment consacré à l’action.
Parce l’Alignement mésan, pas plus que Manpower, s’ils n’ont pas réussi provoquer l’éclatement de Torche et à éliminer Berry, n’ont pas désarmé pour autant. Et s’ils ne se risquent apparemment pas à une guerre frontale, n’hésitent pas à la mener avec ce qu’il reste des SerSecs, pour moitié idéalistes déçus, pour moitié mercenaires désoeuvrés et prêts à tout.
De quoi se retrouver en plein dans les grandes batailles navales impressionnantes auxquelles nous a accoutumé l’auteur mais en donnant la prime cette fois à la stratégie des uns et des autres tout en allégeant quelque peu l’abondance de détails techniques.
Il n’est pas déplaisant finalement que Weber, n’ayant pas su ou pu mettre un point final aux aventures d’Honor Harrington, se soit résolu à en étoffer les à-côtés. Une nouvelle variation lue avec plaisir donc.

Éditions L’Atalante 
Deux tomes de 377 et 380 pages – 19 € 
ISBN : 978-2-84172-601-1 et 978-2-84172-602-8

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