"Un Livre pour le Tigre" de Philippe Halvick

Je ne sais pas vous mais, moi, Halvick m’amuse. Ha ! Je ne vous dirai pas que ce nouveau roman bouleversera la littérature pour les générations présentes et à venir… Non, mais je gage qu’il vous apportera ce que l’on aimerait trouver bien souvent : un vrai petit moment de détente.
James Jones est détective, détective privé, un détective comme on n’en fait plus, c’est sûr, avec son imper et son chapeau et son 45… Évidemment, petite surprise, il a la goule de son frère… Non, non, je n’ai pas dit la gueule. Ou peut-être que si après tout, parce qu’il faut bien quand même un frère qui veille au grain dans l’ombre, dans la grande tradition du polar noir mâtiné de Conan Doyle. Un frère ? Non, deux en réalité, parce qu’un bon détective doit toujours avoir ses entrées dans la police. Un frère commissaire, c’est donc précisément un bon plan, du moins quand ledit commissaire partage ce plan. C’est déjà moins drôle quand il y est parfaitement hostile. Pire encore, quand, déjà persuadé que vous êtes fou, il vous soupçonne en plus d’alliance avec la pègre des lieux.
En fait, non, ce n’est pas exactement le pire. Le pire c’est quand la pègre en question envisage la chose sous l’angle diamétralement opposé et a décidé, semble-t-il, qu’elle récupérerait à votre détriment un livre extrêmement précieux, un livre de pouvoir, un livre qui laisse une longue file de morts derrière lui. Seulement, quel livre ? Là est tout le problème…
Mais parce qu’il peut toujours y avoir pire dans le pire, il faut bien que s’y ajoute une grande et blonde pin-up pour vous mêler à une intrigue dans laquelle, de toute façon, vous êtes déjà mouillé jusqu’au cou. Toute la différence, c’est qu’alors, vous en prenez conscience, surtout quand la blonde beauté s’arrange à se faire buter et vous laisse sur les bras une petite sœur bien décidée à la venger. C’est alors qu’entre le redoutable Tigre, ses seconds couteaux, et une police bien décidée à vous inculper, la marge est étroite…
Cependant, ce n’est pas tant l’histoire qui est drôle, certes, mais cet humour parfaitement déjanté et ces personnages tellement particuliers, tellement « typés » qu’ils en sont des archétypes : du grand Stevie et son impressionnant arsenal au démon miteux, chauffeur de taxi au noir, en passant par Félix le « chat » et quel chat !… Lire Halvick, c’est s’amuser avec lui de ces héros catastrophiques qui courent gaiement de catastrophe en catastrophe pour terminer en apothéose… avec toujours une petite pointe de tendresse. Finalement, ce ne sont pas les nécromants, les goules et autres gargouilles qui me contrediront, l’auteur écrit juste pour son plaisir et cela se sent car il nous le fait partager.
J’y mettrai pourtant un tout petit bémol… tout léger, mais avec une orthographe irréprochable, ce serait tellement mieux !

— Hélène

Éditions Quid Novi ?
ISBN : 2-9522586-1-9

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