« Vestiges – QuanTika I » de Laurence Suhner

vestigesLa planète Gemma n’est pas si lointaine de la nôtre. Ni dans l’espace, à peine 6,5 années lumière. Ni dans le temps, juste trois cents ans, autant dire demain. Un voyage définitif malgré tout puisqu’il dure dix-sept ans ce qui n’a pas découragé l’installation de colons puisque, en dépit d’un froid polaire, l’atmosphère s’y prêtait. Beaucoup de scientifiques parmi eux.
Seule apparente menace, un immense vaisseau en orbite qu’ils ont surnommé le Grand Arc. Il n’a jamais manifesté le moindre signe de vie et rien ne peut l’atteindre. Une crainte qui demeure, mais tenue en lisière de la vie quotidienne.
Une vie qui a fini par s’organiser un peu n’importe comment, le morcellement en colonies terriennes n’ayant pas tenu longtemps. N’en reste que l’armée transformée peu à peu en milice et, partant, des indépendantistes. Ils peuvent se prévaloir, eux, d’être nés sur Gemma, et les seuls gemmiens légitimes.
Mais le terrorisme éventuel n’est pas vraiment un souci, ni pour les physiciens de la base de Tétra qui s’interrogent sur bien plus inquiétant : une zone proche que parcourrent les transports de minerais est sujette à de soudains changements qui pourraient correspondre à une distorsion de l’espace-temps.
Pas un souci non plus à Nouvelle Prospérité pour Kobalski, le directeur de CosmoTek, qui s’apprête à envoyer une équipe de chercheurs creuser la glace sous la direction d’une exobiologiste, Ambre Pasquier. Pour y trouver les formes de vie puisqu’il y a de l’oxygène.
Avec une espérance cachée, si l’expédition apportait des vestiges du passage des Bâtisseurs, quoi que ce soit qui expliquerait le Grand Arc.
Et c’est bien ce que recherche aussi la jeune femme, même si elle en garde jalousement le secret. Trop de rêves qui ont fini par tourner au cauchemar depuis son arrivée et où elle se sent irrépressiblement attirée vers des ruines qu’habitent de terribles présences.
Un hasard ? Cette localisation qu’elle a fixée est aussi celle du point de collapsus déterminé par le professeur Stanislas Stanford qui dirige le centre de Tétra. Si ces interférences causes d’accidents si fréquents, étaient dues à une machine demeurée enfouie depuis un lointain passé ? Il ne pourra donc s’empêcher d’infiltrer la mission Archéa en y envoyant Haziel Delaurier, un de ses physiciens.
Un espionnage qui ne tirerait pas à conséquence si l’armée n’en faisait autant. C’est « de droit » qu’elle estime lui appartenir toute machine qui pourrait être une arme.
Ainsi, ce qui était le cauchemar d’Ambre Pasquier, va tourner au cauchemar pour tous.
Un livre plaisant dont la stricte honnêteté m’oblige à dire qu’il ne m’a pas paru trop long en dépit de son épaisseur. Néanmoins, ce n’est qu’un premier tome et on peut légitimement s’interroger sur cette mode du livre-pavé, le poids n’étant jamais, à mon sens, un gage certain d’intérêt.

Éditions L’Atalante
575 pages – 23 €
ISBN : 978-2-84172-589-2

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