Mensuhell n°72 et 73 (novembre et décembre 2005)

Sévissant outre atlantique, voici mensuhell, fanzine mensuel et québécois consacré à la bande dessinée. Sa périodicité fréquente, son format A4, et son petit nombre de pages (36 en comptant la couverture) sont autant de particularités le distinguant des fanzines européens.
Chaque bande dessinée prenant entre une et six pages, il serait fastidieux et peu intéressant de toutes les passer en revue détaillée. Nous nous contenterons donc d’un tour d’horizon, pour vous permettre de savoir ce que vous pouvez attendre de cette revue.

Tout d’abord, ce qui m’a sauté aux yeux est l’évident amateurisme des morceaux proposés. Que ce soit au niveau dessin, souvent léger bien que rarement mauvais, comme au niveau du propos, souvent émaillé de gags de bas étage, voire tout à fait vulgaires.
Le style simple se marie parfois très bien avec les « idées » abordées (nous y reviendrons), mais il est parfois simplement maladroit, trop brouillon, ou tout simplement laid. Il reste néanmoins que chaque strip a sa propre personnalité et originalité, et que s’il est difficile de tout apprécier, il y a de grandes chances de trouver au moins une histoire qui nous plaise. Mais le caractère hétéroclite du tout reste déroutant.

Une autre particularité qui mérite d?être soulevée est que, profitant de sa grande fréquence de sortie, le magazine peut se permettre de publier des BD à suite. Ainsi, même s’il est difficile pour moi d’entrer dans des histoires ayant plusieurs épisodes à peine résumés, un lecteur régulier pourra profiter, en plus des histoires indépendantes, de la suite de divers feuilletons. Les durées semblent relativement libres, puisqu’il y a une BD commençant dans le numéro 72 et se terminant dans le numéro suivant, alors qu’une autre histoire semble déjà avoir un certain passé, et reste à continuer.

Au-delà du côté parfois bâclé des histoires, il se dégage néanmoins une volonté courageuse : celle de proposer des BD réellement expérimentales. Au niveau graphique, déjà, comme au niveau du propos. J’admets avoir très peu accroché à ces styles, mais je respecte un choix artistique risqué de publier des oeuvres originales et très difficilement classables.

Le dernier point qui mérite attention et figurant dans ces deux numéros est un dossier divisé en de nombreuses parties sur l’histoire de la bande dessinée au Québec. La recherche est précise, le propos intéressant, le traitement professionnel. Ce dossier comporte aussi des extraits d?anciennes BD de l’époque, sur une à plusieurs pages, dont la présence a un intérêt certain, rien qu’en point de comparaison des BD actuelles.

Mensuhell se veut donc à la fois un fanzine proposant des bandes dessinées et une revue d’information sur cet art. D’ailleurs, la page d’édito inclut plusieurs informations sur l’actualité des événements BD (bien entendu, localisés au Québec). Le sentiment brouillon qui s’en dégage et une qualité graphique soit médiocre, soit expérimentale me dérangent, mais ne sera pas forcément rédhibitoire pour tous. De plus, le fait que le fanzine sorte chaque mois crée probablement un grand nombre de contraintes aux auteurs et à l?éditeur, ce qui peut les excuser.

— Nicky

36 pages. Format A4.
Prix : 4 dollars canadiens
geocities.com/mensuhell/
Mensuel